La capitale centrafricaine était secouée hier par des tirs et des explosions aux abords de l'aéroport, où des manifestants ont érigé des barricades contre les forces internationales visant les miliciens antibalaka.
Des tirs nourris d'armes automatiques et des explosions de roquettes et de grenades ont retenti dès le début de la matinée dans des quartiers voisins de l'aéroport de Bangui, où les forces française Sangaris et africaines de la Misca ont installé leurs états-majors, a constaté un journaliste de l'AFP. Des détonations sourdes de mortiers ont également été entendues. Ces tirs opposaient des soldats de la Misca à des miliciens antibalaka retranchés dans des quartiers proches de l'aéroport, selon la même source.
Une centaine de personnes vivant dans l'immense camp de déplacés qui jouxte l'aéroport sont venues se réfugier dans l'aérogare, entraînant une intervention des soldats français qui leur ont demandé de retourner dans le camp. Des petits groupes de manifestants protestant contre les opérations de la force française Sangaris contre les miliciens antibalaka ont, eux, érigé des barricades sur le principal axe menant à l'aéroport. À la mi-journée, les forces internationales « progressaient le long du boulevard pour dégager les barricades », a-t-on indiqué de source militaire française. À quelques centaines de mètres de l'entrée de l'aéroport, 200 à 300 jeunes hommes avaient dans la matinée dénoncé avec véhémence l'action des forces internationales et la politique des autorités de transition.
Rappelons que les antibalaka, une milice composée en majorité de chrétiens, ont pris les armes l'été dernier, au départ pour se défendre des exactions des combattants Séléka, pour la plupart musulmans, alors au pouvoir, notamment dans les provinces. Mais rapidement les antibalaka se sont livrés aussi à des représailles contre les civils musulmans, accusés de complicité avec l'ex-rébellion qui a renversé le président François Bozizé en mars 2013. La lutte contre les antibalaka, auxquels la nouvelle présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a promis de « faire la guerre », est devenue l'une des priorités des forces internationales.
(Source : AFP)


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