Le temps est au slalom. Nous n'avons pas en tête les Jeux olympiques de Sotchi, mais l'épreuve assez redoutable qui se présente au gouvernement français dans les prochaines semaines. Aux entreprises, il vient de promettre une baisse des coûts du travail. Aux syndicats, il a assuré que cette baisse aurait des contreparties. Aux ménages – qui seront vus, au moins jusqu'en mai prochain, comme des électeurs qu'il faut flatter, et non des contribuables qu'il faut tondre – il a fait miroiter une baisse des impôts. À la Commission européenne et à l'ensemble de la communauté financière, il brandit sa volonté de réforme et de réduction de la dépense publique.
Beaucoup de ses engagements s'annulent les uns les autres. Bref, on zigzague sur une pente glissante avec un sérieux risque de disqualification ou de sortie de piste. Le dernier avertissement en date est venu de la Cour des comptes, à l'occasion de la
publication de son rapport annuel, le 11 février. Elle établit la situation des finances publiques au début 2014 et met en avant trois sujets de préoccupations :
1. La lenteur de l'ajustement budgétaire – Début 2013, le gouvernement avait l'objectif irréaliste d'obtenir un déficit de 3 % du PIB. La cible a été révisée à 3,7 %, puis à 4,1 %. mais même ce dernier chiffre est sujet à caution. La lenteur peut avoir quelque vertu, encore faut-il ne pas se détourner de son objectif.
2. L'optimisme chronique des prévisions officielles – On pourrait choisir des termes moins flatteurs : tromperie ou erreur. Toujours est-il que si des progrès ont été faits concernant les hypothèses de cadrage macro, il n'en va pas de même au sujet du rendement espéré de l'impôt. En 2013, l'élasticité des recettes fiscales par rapport au PIB a déçu, sans qu'on juge utile de la corriger pour le budget 2014.
3. Le problème des dépenses publiques – Dans le sens commun, une baisse de dépense signifie que la dépense est plus faible. Pour l'État, une baisse de dépense signifie que la dépense augmente moins vite que sa « croissance tendancielle », dont « l'estimation repose sur des conventions fragiles », juge la Cour des comptes. Dans ces conditions, viser une économie de 50 milliards d'euros d'ici à 2017 n'engage pas à grand-chose.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine