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Nos lecteurs ont la parole - Ronald Barakat

Victimes et témoins de la corruption, LALAC est là !

Le 9 décembre 2013, à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, décrétée par la Convention des Nations unies contre la corruption, la présidente de l'Association libanaise pour la transparence (Lebanese Transparency Association), Me Nada Abdelsater-Abusamra, a annoncé l'inauguration de deux nouveaux centres du programme LALAC (Lebanese Advocacy and Legal Advice Center), l'un au Sud et l'autre dans la Békaa, en plus de celui de Beyrouth, destinés à recevoir les appels des victimes et témoins de tout cas de corruption et les accueillir dans les centres afin de leur dispenser les conseils juridiques gratuits adéquats et les référer aux instances administratives concernées pour la prise en charge, y compris des cabinets d'avocat pour les cas passibles de poursuite. Étaient également présents en tant que conférenciers le représentant de la maison mère, Transparency International, M. Manuel Pirino, le représentant de la fondation Lebanon Renaissance qui a participé au financement du programme, M. Fady Bustros, et l'ambassadeur de l'Union européenne au Liban, principal donateur, Mme Angelina Eichhorst.
Ce programme téméraire, aussi bien pour la partie plaignante que la partie consultante, l'est d'autant plus que les lois susceptibles de le soutenir et de l'encadrer viennent encore à manquer, telles que la loi d'accès à l'information qui est en attente d'être votée (si elle le sera) et la loi de protection des témoins qui traîne derrière, laissant les dénonciateurs (whistleblowers) et lanceurs d'alerte sans protection et exposés à toutes sortes de représailles au moindre coup de sifflet.
Ce programme pourrait être également considéré comme une variante de l'ombudsman, ce médiateur de la République dont le projet de loi a été adopté le 11 décembre 2004 (décret n° 13758), mais qui attend, depuis, sa nomination en Conseil des ministres, ne sachant pas, sans doute, quelle religion embrasser pour pouvoir occuper le poste.
Cela étant, ou n'étant pas, et sans attendre plus longtemps que les lois protectrices soient votées, et que les lois votées soient appliquées, LALAC est là. Lui, ne peut plus attendre. Il ne peut plus attendre que la corruption gagne davantage de terrain, que la gangrène monte plus haut, que le classement du Liban tombe plus bas que la 127e place, selon le CPI 2013 (Corruption Perceptions Index). LALAC interpelle les citoyens honnêtes, encore majoritaires, et les invite à signaler tout cas de corruption, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne, à ne pas se dire « bah, à quoi ça sert », à ne pas se résigner, à ne pas se blaser, à ne pas se laisser contaminer, à ne pas laisser la vermine ronger leur beau cèdre, l'avenir de leurs enfants, les dernières miettes de pain du pauvre, qu'« ils » ont appauvri. « Ils » sont ceux-là qui abusent de leur pouvoir, de leur poste, de leur position (parfois ministérielle), qui imposent et proposent des pots-de-vin, qui détournent des fonds, qui falsifient des déclarations douanières, qui blanchissent de l'argent (à la faveur d'un secret bancaire légal), qui recourent aux prête-noms, se livrent au conflit d'intérêt, aux opérations frauduleuses, à la contrebande, qui faussent des diagnostics et rapports médicaux, rendent un faux jugement...
Citoyens du Liban, n'ayez pas peur. « Ils » ne peuvent rien si vous vous unissez contre leurs crimes, si vous faites bloc ensemble. « Ils » sont battables. « Ils » ont été battus plusieurs fois, à plusieurs endroits. Si d'autres ont pu le faire, vous le pourrez. Que chacun de vous porte le sifflet qui dit « stop ! », « assez ! » ; que chacun de vous soit un dénonciateur et un lanceur d'alerte, et c'est « eux » qui auront peur.
Nous n'avons pas à fantasmer un Hercule pour venir nettoyer nos étables d'Augias dans les administrations, les douanes, les municipalités, les ministères... Nous pouvons le faire nous-mêmes si nous rendons les corrupteurs et corrompus comptables de leurs actions, jusqu'à même remonter à leurs parrains et marraines, fussent-ils rois ou bien reines. Il suffit d'en épingler un pour faire trembler la filière. Lorsque les « sifflets » fuseront de partout, « ils » ne sauront où donner de la tête. « Ils » ne pourront se vanter d'avoir été « malins », mais se sentiront honteux, derrière les barreaux publics en attendant les barreaux privés. La perception – individuelle et collective – changera ; elle deviendra moins trouble, moins tolérante, moins complaisante, moins indifférente, plus transparente, plus inquisitrice. Elle entraînera une culture d'intégrité qui neutralisera les cultures microbiennes disséminées dans l'organisme social et le psychisme individuel. LALAC est là pour vous aider dans cette vaste opération de nettoyage.

Ronald BARAKAT
Directeur exécutif Lebanese Transparency Association
LALAC hotline : 01-386886

Le 9 décembre 2013, à l'occasion de la Journée internationale de la lutte contre la corruption, décrétée par la Convention des Nations unies contre la corruption, la présidente de l'Association libanaise pour la transparence (Lebanese Transparency Association), Me Nada Abdelsater-Abusamra, a annoncé l'inauguration de deux nouveaux centres du programme LALAC (Lebanese Advocacy and Legal Advice Center), l'un au Sud et l'autre dans la Békaa, en plus de celui de Beyrouth, destinés à recevoir les appels des victimes et témoins de tout cas de corruption et les accueillir dans les centres afin de leur dispenser les conseils juridiques gratuits adéquats et les référer aux instances administratives concernées pour la prise en charge, y compris des cabinets d'avocat pour les cas passibles de poursuite. Étaient également présents...
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