Le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser au maigre niveau de 0,2 % en début d'année, selon la première estimation de la croissance publiée hier par la Banque de France (BdF).
Cette prévision repose sur les conclusions de l'enquête mensuelle menée par la BdF auprès d'un panel de chefs d'entreprise, qui montre que la confiance de ces derniers est restée inchangée en janvier dans l'industrie et qu'elle a progressé dans les services. Dans les deux secteurs, les entrepreneurs prévoient une « progression de l'activité » en février, selon un communiqué de la BdF.
À noter par ailleurs que, si l'amélioration de la confiance se traduit par un « accroissement léger » des effectifs dans les services, elle n'a pas d'incidence sur l'emploi dans l'industrie, selon le baromètre de la BdF.
Parallèlement, l'Insee a dévoilé les chiffres de la production industrielle de décembre dernier, ainsi que pour tout le dernier trimestre 2013 qui, selon les économistes, laissent préjuger d'une croissance peu ou prou au même taux en fin d'année 2013 et au début 2014.
La production de l'ensemble de l'industrie française en décembre a fléchi de 0,3 % en volume, après avoir augmenté de 1,2 % en novembre, a annoncé hier l'Insee. Des grèves dans des raffineries ont notamment pesé sur l'activité.
Sur l'ensemble du dernier trimestre 2013, la production a augmenté de 0,3 % par rapport au troisième trimestre. Et en rythme annuel, c'est-à-dire au quatrième trimestre 2013 par rapport au quatrième trimestre 2012, la France a affiché une progression de 0,7 % de sa production industrielle, grimpant à 0,9 % pour le seul secteur manufacturier, c'est-à-dire les industries de transformation à proprement parler, hors secteur extractif notamment.
« Rien de transcendant »
Au total, dans ces deux publications, « rien de transcendant, rien de dramatique non plus », pour Frédérik Ducrozet, économiste pour la division de banque d'investissement du Crédit Agricole. « Tout cela indique une croissance de 1 % en rythme annuel en 2014 », soit plus ou moins la prévision officielle du gouvernement (0,9 % jusqu'ici), estime-t-il. Et d'énoncer les freins à la reprise française : « le processus d'ajustement des finances publiques qui continue », et un euro « qui est trop fort, et qui l'a toujours été ».
Alors que le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, vient d'affirmer que « l'euro est sorti de ses clous par une surévaluation qui est devenue problématique » et a appelé à le « faire baisser », l'économiste tempère : « Ce qu'il ne faut surtout pas, c'est que l'euro s'apprécie encore. » Pour lui, « il y a quelques années, nous supportions mieux un euro fort ; désormais on est dans une zone de vulnérabilité plus grande ».
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est allée hier dans le même sens que les économistes, à savoir celui d'une reprise qui se poursuit sans accélérer vraiment, en indiquant que selon elle, la France se trouvait toujours dans une phase « d'inflexion positive » de son activité économique.
Dans les détails, « l'indicateur composite » établi par l'OCDE à partir de plusieurs données économiques pour prévoir l'évolution de l'activité française affichait en décembre une progression de 0,16 %, à un rythme moins soutenu que les mois précédents (+0,18 % en novembre, +0,20 % en octobre, +0,22 % en septembre).
(Source : AFP)


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