Le couple au temps du bonheur. Photo LBC
Le meurtre de Manal Assi, assassinée par son mari dans la nuit de mardi à mercredi, n'est pas le premier cas de violence conjugale qui suscite l'émoi et les critiques de la caste politique, qui devrait peut-être faire bouger les choses en avalisant une loi qui criminalise comme il se doit la violence domestique. Hier, le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, a dénoncé le crime, estimant que « ces actes doivent être pénalisés par la loi, surtout ce meurtre odieux commis par le mari contre sa femme devant sa famille ». « Les détails de ce crime ont secoué la conscience des Libanais, comme celui commis auparavant contre Roula Yacoub, a assuré M. Siniora. Il ne doit pas passer inaperçu. En tant que citoyen, mari et père, je réclame les pires sanctions et des mesures dissuasives à l'encontre des criminels. J'exprime également ma solidarité avec la défunte Manal Assi, sa famille et ses enfants, ainsi qu'avec Roula Yacoub et d'autres femmes qui sont confrontées à la violence conjugale. » Et de conclure : « Ces femmes sont nos mères, nos épouses et nos filles. Comment une société qui se respecte peut-elle accepter ces crimes ? Le peuple libanais doit rejeter ces pratiques. »
De son côté, le député Élie Keyrouz a condamné le crime, appelant la justice libanaise « à appliquer les peines les plus lourdes à l'encontre du mari de Manal Assi afin que cette condamnation serve d'exemple à tous qui s'attaquent encore à leurs femmes, leurs sœurs et leurs filles, à une époque censée avoir dépassé ce genre de barbarie ». Le député Keyrouz, qui s'est déclaré solidaire de la famille de la victime, a réitéré son appel à l'amendement de la loi pénale au Liban afin d'alourdir les peines dans les meurtres des épouses ou des sœurs conformément à l'article 549. Il a enfin souhaité que la Chambre des députés approuve au plus vite le projet de loi relatif à la protection de la femme contre toute violence domestique. Un souhait réitéré par la députée Sethrida Geagea qui a estimé que « ce crime sauvage résulte d'une culture du silence qu'il faudrait changer », appelant les associations impliquées dans la protection de la femme à agir rapidement aux niveaux politique et juridique.


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03 h 16, le 08 février 2014