La secrétaire d’État adjointe américaine, Victoria Nuland, a allumé hier un cierge dans la cathédrale orthodoxe Saint-Michel à Kiev. Coutumière des gestes symboliques, elle avait lors d’une précédente visite distribué aux manifestants et aux forces de l’ordre des petits pains au pavot. Photo AFP
Un proche conseiller du président russe Vladimir Poutine a accusé hier les États-Unis d'armer les « rebelles » ukrainiens et invité Kiev à écraser cette « tentative de coup d'État ».
Dans une interview au quotidien Kommersant Ukraine, Sergueï Glaziev, chargé au Kremlin des relations entre la Russie et l'Ukraine, affirme que les « ingérences » américaines violent le traité de 1994 par lequel Moscou et Washington ont garanti la souveraineté et la sécurité de l'Ukraine qui venait de renoncer à son arsenal nucléaire hérité de l'époque soviétique. Prié de dire si la Russie pourrait « intervenir activement » si la crise s'aggrave en Ukraine, M. Glaziev a rappelé les termes du mémorandum de Budapest en 1994, selon lesquels « la Russie et les États-Unis sont les garants de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et (...) sont tenus d'intervenir quand s'installent des situations de conflit de cette nature ». « Ce que les Américains font en ce moment, s'ingérer grossièrement et unilatéralement dans les affaires intérieures de l'Ukraine, c'est une violation flagrante de ce traité », a-t-il ajouté, sans préciser quelles mesures pourrait envisager la Russie.
M. Glaziev accuse en outre des agents américains de verser « 20 millions de dollars par semaine » aux « rebelles et à l'opposition » à Kiev, notamment pour se procurer des armes. « Selon certaines informations, on entraîne des combattants et on les arme dans l'enceinte même de l'ambassade des États-Unis », affirme-t-il, suggérant au président ukrainien Viktor Ianoukovitch d'user si nécessaire de la force pour mettre fin à la contestation. « Les autorités ne remplissent pas leur devoir, qui est de défendre l'État, quand elles négocient avec des putschistes comme s'ils étaient des citoyens respectueux des lois », ajoute-t-il.
Pendant ce temps, recevant hier matin à Kiev la secrétaire d'État adjointe américaine, Victoria Nuland, M. Ianoukovitch a plaidé : « C'est seulement par le dialogue et le compromis que nous pouvons sortir le pays de la crise. » Il a approuvé les demandes de l'opposition sur une réforme de la Constitution, mais a souligné qu'il fallait pour cela respecter le processus en consultant le tribunal constitutionnel et le Parlement. Il s'est également prononcé pour une accélération des libérations des manifestants arrêtés. Plus tard en soirée, M. Ianoukovitch est arrivé à Sotchi où il doit rencontrer M. Poutine à une date et une heure non précisées. Mme Nuland a également rencontré les trois principaux dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok.
Par ailleurs, deux opposants ont été blessés, dont un grièvement, par l'explosion d'un colis piégé, a indiqué la police ukrainienne. Enfin, en Lituanie, l'opposant ukrainien torturé Dmytri Boulatov a déclaré que ses tortionnaires russophones l'avaient forcé à avouer qu'il était un espion américain.
(Sources : agences)


