C'était l'engagement n° 22 du candidat François Hollande : « J'agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements. » Depuis que cette promesse a été faite, les mises en chantier ont chuté d'environ 15 %. Elles se situent à 330 000 par an, très loin des 500 000 souhaités. Le secteur de la construction est le seul où le moral des chefs d'entreprise est plus déprimé qu'il y a un an et se situe presque aussi bas que durant la récession de 2009. Se pourrait-il que cette déprime soit liée à la méthode du gouvernement : la régulation, toujours plus de régulation ? L'intention est de faire baisser la part du logement dans le budget des ménages – elle est de 19 %, ce qui est son niveau de 1975 (20 %) – mais, dans les faits, le résultat est le gel du marché. Tout se résume dans le credo de la ministre du Logement : « Il faut réguler les prix pour débloquer le marché » (19 décembre 2012). De tels propos font la joie des réseaux sociaux mais, sans surprise, ils inquiètent tous ceux qui, de près ou de loin, sont intéressés à la bonne santé du secteur de la construction. Sont concernés aussi les ménages dont 62 % du patrimoine est constitué de logements et terrains bâtis.
Le secteur de la construction a un poids significatif dans l'économie. Il représente en France 6,1 % de la valeur ajoutée (5,6 % pour la moyenne de la zone euro). Il occupe près de 9 % de l'emploi du secteur marchand, mais subit des destructions d'emploi de manière continue depuis cinq ans. De 2003 à 2007, dans la dernière phase de forte expansion, ce secteur a contribué directement pour plus de 12 % à la croissance du PIB. Mais l'effet induit était plus grand encore, car la construction entraîne des dépenses en amont de la filière (matériaux, transport, services) et en aval (promotion immobilière, équipement du logement). Depuis 2008, le marasme s'est installé, ce qui entraîne des effets négatifs en cascade sur l'activité globale, sur le chômage, sur le financement de l'économie. D'après la Coface, la construction, qui compte beaucoup de TPE, a été en 2013 le plus gros contributeur aux défaillances d'entreprises, une année record en la matière. L'effet est négatif aussi sur les finances publiques, car la baisse des transactions réduit les droits de mutation. En somme, si l'on parvenait à relancer la construction, c'est toute l'économie française qui en profiterait.

