« Il n'y a aucun accord à ce jour sur la question du gouvernement. » C'est ce qu'a déclaré le ministre sortant des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qui a estimé à ce propos qu'« il n'aurait pas fallu que l'on s'enlise dans cet imbroglio, surtout que le Liban passe par les temps les plus difficiles ».
Dans un entretien accordé à la Voix du Liban, le ministre a affirmé qu'« il est impossible de prédire quoi que ce soit concernant la crise gouvernementale, qui dure depuis 10 mois ». « Nous faisons du surplace pour ce qui est de la composition du cabinet et de la répartition des portefeuilles », a-t-il reconnu.
La formation du gouvernement a d'ailleurs fait l'objet samedi d'un entretien entre le chef de l'État, Michel Sleiman, et l'ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, qui a également évoqué avec lui les développements politiques sur la scène locale.
La question gouvernementale a également été le sujet de prédilection du chef du mouvement de l'Indépendance, Michel Moawad, et de l'ancien Premier ministre, Saad Hariri, à Paris. Les deux hommes ont convenu à ce sujet de ne pas faire de compromis pour ce qui est de faire figurer la déclaration de Baabda dans la déclaration ministérielle, et la nécessité impérieuse de biffer la référence au triptyque armée-peuple-résistance.
Le membre du bloc du Futur, Amine Wehbé, a salué de son côté « toute solution respectueuse du principe de la rotation globale (appliquée à l'ensemble des portefeuilles) ». Et d'ajouter : « Nous ne pouvons offrir aux Libanais un gouvernement si nous ne respectons pas les principes fondateurs de l'accord qui a eu lieu, en premier, le respect de la rotation globale et de la formule des trois 8. »
« La rotation globale et permanente des portefeuilles représente pour nous une ligne rouge », a renchéri pour sa part le député du même bloc Mohammad Hajjar.
Côté 8 Mars, la rengaine reste inchangée et la revendication d'un gouvernement unificateur est le mot d'ordre : « Un gouvernement en dehors de l'entente est un péril », affirme pour sa part le membre du bloc de la Fidélité à la résistance, Nawaf Moussawi. Le député a estimé qu'il est nécessaire que le dialogue progresse entre le Premier ministre désigné, Tammam Salam, et le Courant patriotique libre, « de sorte à lever les obstacles qui empêchent la formation d'un gouvernement unificateur, qui ne peut se réaliser qu'à travers une entente. À défaut, nous serons face à un péril aux conséquences inconnues », a-t-il prévenu.
S'exprimant au nom du mouvement Amal, le député Ali Bazzi a rappelé le rôle joué par le président du Parlement, Nabih Berry, « qui œuvre à arrondir les angles et à rapprocher les points de vue entre les différentes parties de sorte à inciter l'ensemble des protagonistes à accorder la priorité aux intérêts de la nation ». Allant dans le même sens que son collègue du Hezbollah, il s'est prononcé en faveur d'« un gouvernement libanais unificateur, juste et équilibré, qui puisse respecter les échéances et les délais constitutionnels ». « Non et mille fois non à un gouvernement de fait accompli qui ne prendrait pas compte de la réalité de ce pays », a-t-il asséné.
« Ce n'est pas nous qui avons proposé la formule de la rotation mais le Premier ministre désigné », a-t-il dit par ailleurs à une autre occasion, rappelant que le bloc parlementaire dont il relève avait clairement indiqué que la rotation « est acceptable à condition qu'elle soit juste, globale, équilibrée et qu'elle ne se fasse aux dépens de personne en particulier ».
Évoquant la menace des jihadistes qui pèse sur le pays, le vice-président du conseil exécutif du Hezbollah, cheikh Nabil Kaouk, a estimé que face « au défi posé par le terrorisme takfiriste, la priorité absolue doit être accordée à la formation d'un gouvernement unificateur qui puisse consolider la stabilité et atténuer la tension dans la rue ». Et de préciser qu'il est question d'« un gouvernement issu d'une entente entre toutes les parties, surtout celles qui représentent la majorité des chrétiens », allusion faite au CPL.
Les instances économiques sont revenues à la charge pour tirer, une fois de plus, la sonnette d'alarme et mettre en garde contre « l'impact social et économique de l'absence d'un gouvernement » et ses conséquences sur les touristes et les investisseurs, qui boudent de plus en plus le Liban. S'exprimant à l'issue d'une réunion qui s'est tenue à Tripoli, le président des instances économiques, Adnane Kassar, a rappelé que celles-ci n'ont fait que réclamer, depuis la désignation de M. Salam, la formation au plus tôt d'un gouvernement. « Nous estimons qu'il faut mettre en place un cabinet unificateur qui regroupe toutes les parties en présence et qui puisse sauver la situation en envoyant un message à l'extérieur et aux frères arabes pour les inciter à retourner investir au Liban », a-t-il dit.
Liban
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