Le président de la République recevant hier à Baabda le Premier ministre désigné. Photo Dalati et Nohra
Le nœud, provoqué par le refus aouniste de concéder le portefeuille de l'Énergie, ouvre une nouvelle étape d'attente au niveau du dossier ministériel. Celle-ci couverait actuellement deux dynamiques simultanées, mais contradictoires : d'une part, la poursuite des médiations visant à garantir la participation intégrale du 8 Mars au gouvernement, dont la nécessité se confirme avec la « solidarité » avec le CPL, poussée hier encore plus loin par le Hezbollah ; d'autre part, la tendance qui s'ébauche d'un « retour à la case départ ».
Celle-ci signifierait à ce stade soit un retour à l'option d'un cabinet neutre, rejetée néanmoins par le Hezbollah, et non envisagée jusque-là par l'Arabie saoudite ; soit le recours à la solution médiane d'un cabinet fédérateur de facto, dont les insatisfaits pourraient se retirer ; soit, et c'est là la nouvelle donnée qui transparaît, une présidentielle anticipée, souhaitée ouvertement par les aounistes, scénario qui torpillerait la désignation de Tammam Salam.
La situation en clair est donc actuellement la suivante : depuis que le président de la Chambre Nabih Berry a déclaré hier à ses visiteurs « avoir accompli son devoir jusqu'au bout et attendre », le ministre Waël Abou Faour assume seul la charge de faire parvenir aux parties concernées les propositions de solutions possibles. Si aucune déclaration officielle ne précise la teneur des formules de déblocage, celles-ci sont de prime abord cernables.
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La première formule, mise au point par le chef du Front de lutte nationale, le député Walid Joumblatt, et l'ambassadeur d'Iran, lors de leur rencontre lundi soir, avait prévu d'accorder le portefeuille des Finances à un ministre aouniste et l'Intérieur au camp de Walid Joumblatt, de manière à neutraliser l'argument aouniste qui continue de reprocher au Premier ministre désigné une soi-disant appartenance au 14 Mars. Cette formule a été mise en échec par le refus catégorique opposé par Nabih Berry, un refus qui sous-tend d'ailleurs sa déclaration d'hier. Mais la formule en soi avait en tout cas peu de chances d'aboutir, puisque son adoption aurait crédité indirectement les accusations des aounistes contre Tammam Salam, sans compter qu'elle aurait posé le problème de la nomination d'un ministre chiite à l'un des quatre portefeuilles régaliens, dont il ne resterait que la Défense (les Affaires étrangères revenant au 14 Mars).
Cette formule a donc cédé la place à une autre forme de solution, qui aurait fait hier l'objet de nouvelles médiations menées par Waël Abou Faour, entre Aïn el-Tiné et Mousseitbé. Il s'agirait de convaincre le Premier ministre désigné de laisser filtrer une copie de la répartition de tous les portefeuilles telle que prévu avec le président de la République. Jusque-là en effet, hormis les quatre ministères régaliens, aucun camp, ni du 8 Mars ni du 14 Mars, n'est en principe au courant de la nature des ministères secondaires qui lui reviendraient. L'utilité pour le 8 Mars de s'informer sur ces portefeuilles serait d'en sélectionner ceux qui pourraient contenter le général Michel Aoun en compensant, par leur somme, le portefeuille de l'Énergie. C'est cette option qui aurait fait l'objet de l'entretien, dans l'après-midi, entre le Premier ministre désigné et le président de la République à Baabda.
Ces tractations n'ont pas paru calmer les ardeurs aounistes contre le Premier ministre désigné, à qui ils reprochent de bloquer la formation du cabinet à cause de son attachement « suspect », selon eux, au principe de rotation des portefeuilles. Non seulement les accusations aounistes se sont confirmées hier, doublées d'une mise en garde au chef de l'État de ne pas recourir à un cabinet neutre, mais elles ont également bénéficié d'un soutien déclaré du Hezbollah. La « solidarité » annoncée deux jours auparavant par ce parti, avec son allié chrétien, semble se consolider. C'est ce qui a paru se dégager hier de la visite des « partis nationaux » à Rabieh, à l'issue de laquelle Mahmoud Comaty, le vice-président du comité politique du Hezbollah, a inséré, dans son appel à un gouvernement fédérateur et au respect « du poids » du bloc aouniste, une allusion, ou peut-être un prélude à un abandon de la rotation des portefeuilles. « Nous avons pu voir que ceux qui se sont mis d'accord sur la rotation ne s'opposent plus au maintien des deux ministères de l'Énergie et des Télécommunications aux mains du Courant patriotique libre. » Ainsi posée par le cadre du parti chiite, cette formule ferait écho au silence du Futur, qui s'est abstenu de commenter les complications nées du mécontentement aouniste après l'accord obtenu entre le Futur et le Hezbollah, qui avait inclus, rappelons-le, une reconnaissance du principe de rotation des portefeuilles.
La lecture de cette nouvelle déclaration du Hezbollah ne saurait se détacher du discours aouniste, qui laisse planer, pour sa part, une formule d'issue à la crise ministérielle qui avait pourtant peu de chances d'être prise en compte, à savoir que le général Aoun s'efforcerait à véhiculer l'idée d'une fusion des deux échéances présidentielle et gouvernementale, de manière à contourner le blocage actuel, selon des sources du 14 Mars. Le chef du CPL aurait pourtant été conseillé par des diplomates et des politiques de renoncer à cette option, « inapplicable et négative ».
C'est sous cet angle pourtant que l'attaque frontale contre Mousseitbé paraît s'expliquer. Le député du Futur, Ahmad Fatfat, a déclaré ainsi hier que « le 8 Mars ne parviendra pas à obliger Tammam Salam à se désister ». À une question de L'Orient-Le Jour, Fatfat n'écarte pas la possibilité d'une « manœuvre du Hezbollah, qui aurait orchestré l'escalade du CPL, dans le but d'écarter le Premier ministre désigné ». « La Constitution est claire et empêche pareille démarche », souligne-t-il, rappelant que « tout le nœud est le fait du 8 Mars et c'est à ce niveau qu'il devra être résolu ».
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J'en sais rien moi , mai s'il n'a servi a rien , ne sert a rien et ne servira a rien , pourquoi pas s'en debarasser ? les hommes de bonne intelligence existe a foison au Liban , voyez bien on a pu faire sans le fils Hariri , a plus forte raison !!! mais en tout etat de cause c'est pas la bensaoudie qui va nous dicter les lecons de democraties qu'elle n'applique pas chez elle .
19 h 18, le 30 janvier 2014