Le Tribunal spécial pour le Liban qui juge l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri a repris hier ses audiences au cours desquels plusieurs témoins, sollicités par l'accusation, ont livré – par écrit cette fois-ci – leur témoignage. Une bonne partie de l'audience a été consacrée à des questions administratives, consistant notamment à affecter des codes d'identification aux documents, photos et bandes vidéo présentés par le procureur.
Parmi les témoignages lus par l'accusation, celui de Timothy Joly, enquêteur australien au sein de la police criminelle, qui a expliqué la manière dont il a procédé pour l'analyse des films vidéo récupérés sur les caméras de la banque HSBC.
L'accusation a également présenté la teneur de l'analyse d'un officier français, Mac Magrine, qui avait également participé à l'étude des bandes vidéo provenant des caméras de surveillance.
Elle a en outre donné lecture des résumés des témoignages de Omar Fayoumi, un employé de la HSBC, de Fatima Koudami, blessé le jour de l'attentat alors qu'elle se trouvait sur les lieux et de Majdi et Nadine Abou Najm, une autre blessée.
Le bureau du procureur a également présenté une liste de photos, recueillies auprès du chef du service photos au quotidien al-Mustaqbal, Ahmad Ismaïl, montrant l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en plusieurs circonstances – lors de visites officielles, durant les fêtes religieuses et la veille et le jour de l'attentat, notamment, au Parlement, où on le voit une première fois en compagnie du député Bassem Sabeh, une seconde fois conversant avec Marwan Hamadé.
D'autres photos du lieu du crime, représentant le fossé provoqué par l'explosion, ont également été exhibées devant les juges. Une bande vidéo montrant les carcasses des voitures brûlées faisant partie du convoi de l'ancien Premier ministre parquées dans une caserne, après qu'elles eurent été déplacées du lieu du crime.
La présentation de ces images a toutefois suscité à plusieurs reprises l'intervention du président de la chambre de première instance, David Re, qui cherchait à comprendre, ainsi que les juges siégeant à ses côtés, le lien entre la sélection de photos présentées et l'affaire à proprement parler. Ce à quoi l'accusation a répondu qu'elle entend montrer certains déplacements de l'ancien chef de gouvernement, à des dates précises, soulignant que les explications viendraient par la suite, par souci « d'éviter d'anticiper » sur la progression de la présentation des éléments de preuve.
Avant de lever l'audience, le juge Re a annoncé son approbation pour recueillir le témoignage de 9 autres témoins par vidéoconférence, soulignant que les mesures de protection des témoins n'affectent aucunement les droits des accusés.
Les audiences reprendront lundi 3 février prochain.
Liban
Assassinat Hariri : témoignages écrits et procédures administratives devant le tribunal
OLJ / le 30 janvier 2014 à 00h00

