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Liban - En Dents De Scie

Papaoutai

Que le roi seulement soupire et tout le royaume gémit.

Cette époque est désaxée

William Shakespeare, in Hamlet

Saad Hariri est un work in progress. En lui-même. À lui seul. Et certainement pour très longtemps encore.
Né (politiquement) sur le Ground Zero de la place du Saint-Georges, dans l'hypercœur de Beyrouth, le fils aura attendu huit ans pour que s'ouvre enfin, même par contumace, le procès des assassins du père ; le procès des simples exécutants de ce crime fondateur du new deal sunnito-chiite (ou sunnito-alaouite, c'est pareil) non seulement au Liban, mais dans toute la région.
Et se sont ouvertes en même temps beaucoup de vannes : c'est comme si le patron du courant du Futur lâchait les eaux. Ou Atlas le poids de ses mondes. Psychologiquement et physiquement, ce n'est plus le même homme. Ni dans les yeux ni dans les épaules. L'homme est plus serein. Soulagé. Satisfait. Pas revanchard, il l'a répété des centaines de fois, mais presque, et on le serait à moins, ceci dit : juste plein de cette flamme, parfois très agaçante, de celui qui vient d'obtenir, après d'insensées attentes, son dû. Qui le montre, qui l'exhibe.
Du coup, l'ouverture s'est fait triple : c'est de devant le Tribunal spécial pour le Liban que Saad Hariri, totalement reloaded, s'est déclaré prêt à participer à un cabinet de coalition incluant le Hezbollah, le parti auquel appartiennent les cinq assassins présumés du père. L'annonce faite au monde, aux Libanais, au père (et à Mohammad Chatah) a provoqué un tsunami. Comme de bien entendu.
Il y a du bon : armé de ce symbolique mais assourdissant démarrage du TSL, l'autoexilé a joué les grands seigneurs ; a profité de l'embarras, réel ou surjoué, du Hezb ; s'est replacé au cœur de la partie d'échecs ; a désamorcé les accusations de blocage systématique et a décidé, comme on dit au Liban, de suivre le menteur jusqu'au pas de sa porte. Jusqu'à la moindre virgule de l'éventuelle déclaration ministérielle à venir (ou pas). En laissant, distribution de rôles parfaitement étudiée (ou pas), à son allié Samir Geagea le soin de jouer la partition hardcore.
Il y a du mauvais : ce menteur-là est pathologiquement mythomane. Député hezbollahi, l'inénarrable Ali Ammar n'a pas attendu longtemps pour claironner l'attachement viscéral et inconditionnel de son parti à ce triptyque littéralement crétin de peuple-armée-résistance. Saad Hariri a (délibérément ? ) oublié son chemin de Damas, sa rencontre hyperofficielle, tellement humiliante, avec Bachar el-Assad, il n'y a finalement pas si longtemps que cela. Ce Je ne pardonnerai pas, mais le Liban est plus important que moi, asséné d'un Leidschendam très château d'Elseneur reste un peu trop lyrique. Un peu trop drama queen. Abstrait, surtout. Même si le fils doit certainement se rassurer en se persuadant que le père aurait fait exactement pareil.
Le work in progress est lent. Sûr, mais trop lent parfois : Je vais retourner au Liban pour les élections et pour redevenir un jour Premier ministre. À la bonne heure. Qu'il y retourne tout de suite, plutôt. Ne serait-ce que pour s'occuper de ce Front al-Nosra au Liban, de ce sunnisme fondamentalisme métastasé et mortifère que lui seul peut endiguer. Ne serait-ce que pour accélérer sa transmutation, faire enfin se coïncider, dans une relative harmonie, le fils et le zaïm.
Surtout qu'il vient de se faire opérer de la vésicule biliaire : cela aide grandement.

Que le roi seulement soupire et tout le royaume gémit.
Cette époque est désaxée
William Shakespeare, in Hamlet
Saad Hariri est un work in progress. En lui-même. À lui seul. Et certainement pour très longtemps encore.Né (politiquement) sur le Ground Zero de la place du Saint-Georges, dans l'hypercœur de Beyrouth, le fils aura attendu huit ans pour que s'ouvre enfin, même par contumace, le procès des assassins du père ; le procès des simples exécutants de ce crime fondateur du new deal sunnito-chiite (ou sunnito-alaouite, c'est pareil) non seulement au Liban, mais dans toute la région.Et se sont ouvertes en même temps beaucoup de vannes : c'est comme si le patron du courant du Futur lâchait les eaux. Ou Atlas le poids de ses mondes. Psychologiquement et physiquement, ce n'est plus le même homme. Ni dans les yeux ni...
commentaires (2)

Sääd HARIRI n’a pas chômé à la succession de son père. Since qu’il est dans ses habits, il est au chevet de ce pays jour et nuit. Il est en congé forcé, et le rideau il l’a baissé ; façon de parler : vers les médias on le sait, peu porté. À ce haut échelon, il est égal à lui-même resté. Il revient quand ? Il est très franc : "Tant que ces bää bää bääSSyriens sont signalés encore existants, vivants ou kifkif évanescents, en Syrie comme au Liban, je ne reviendrai point. Je ne veux pas mourir à l’instar de mon père sous leurs mains." ! Bien qu’éloigné de ces bassesses indigènes, il continue à être adoré par les Sains. Certains, exégètes, ont reconnu sa patte dans le choix du tamâm yâ salâm. Égal à lui-même, la liberté prend d’étonnants méandres avec lui ! C’est aux Sains que Sääd doit son aura, les réactions Malsaines étant mitigées sur son action non sur sa personne bien sûr ; ils peuvent se mettre le doigt dans l’œil, n’est-ce pas ? Arguments de ses soutiens : "Dans ces temps difficiles, son calme a sauvé le pays. Il a renoué avec l’esprit de son père et des Pères fondateurs. En résonance avec Al-Soloh Rïyâd ; LA fermeté tranquille au Liban ; ou comment exporter le modèle libanais vers ce croissant fertilisé. Ceci justifié par l’efficacité qu’ils ont mis, son père et lui, dans le redémarrage de ce Pays. À retenir : "Nul n’est prophète dans son pays." ! Tout un symbole, mahééék ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

04 h 29, le 25 janvier 2014

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Commentaires (2)

  • Sääd HARIRI n’a pas chômé à la succession de son père. Since qu’il est dans ses habits, il est au chevet de ce pays jour et nuit. Il est en congé forcé, et le rideau il l’a baissé ; façon de parler : vers les médias on le sait, peu porté. À ce haut échelon, il est égal à lui-même resté. Il revient quand ? Il est très franc : "Tant que ces bää bää bääSSyriens sont signalés encore existants, vivants ou kifkif évanescents, en Syrie comme au Liban, je ne reviendrai point. Je ne veux pas mourir à l’instar de mon père sous leurs mains." ! Bien qu’éloigné de ces bassesses indigènes, il continue à être adoré par les Sains. Certains, exégètes, ont reconnu sa patte dans le choix du tamâm yâ salâm. Égal à lui-même, la liberté prend d’étonnants méandres avec lui ! C’est aux Sains que Sääd doit son aura, les réactions Malsaines étant mitigées sur son action non sur sa personne bien sûr ; ils peuvent se mettre le doigt dans l’œil, n’est-ce pas ? Arguments de ses soutiens : "Dans ces temps difficiles, son calme a sauvé le pays. Il a renoué avec l’esprit de son père et des Pères fondateurs. En résonance avec Al-Soloh Rïyâd ; LA fermeté tranquille au Liban ; ou comment exporter le modèle libanais vers ce croissant fertilisé. Ceci justifié par l’efficacité qu’ils ont mis, son père et lui, dans le redémarrage de ce Pays. À retenir : "Nul n’est prophète dans son pays." ! Tout un symbole, mahééék ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 29, le 25 janvier 2014

  • Saad Hariri est une preuve tangible que l'adage "tel père tel fils" n'est pas vrai du tout.

    Halim Abou Chacra

    04 h 24, le 25 janvier 2014

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