Karine Naji lors de l’épreuve du lancer de poids au championnat du Liban, en 2013.
« Le sport pour moi est plus qu'une addiction. C'est un mode de vie », affirme Karine Naji. L'été dernier, l'étudiante en finances à la LAU a été sélectionnée parmi 17 finalistes pour intégrer l'équipe nationale de basket-ball, mais suite à la suspension de la Fédération libanaise de basket-ball au mois de juillet par la fédération internationale de cette discipline, cette sélection a été annulée. Une nouvelle sélection devrait être effectuée lorsque l'équipe nationale reprendra ses activités. En attendant d'avoir l'occasion d'évoluer au sein de l'équipe nationale, Karine représente le club Inter-Lebanon en athlétisme, et le club Hoops et la LAU en basket-ball dans les tournois nationaux.
La relation de Karine avec le sport remonte à loin. À 12 ans, influencée par un père sportif, elle se lance dans l'athlétisme. Rapidement, elle commence à gagner des médailles dans les championnats nationaux. Elle se classe parmi les premiers au saut en longueur et au 400 m en 2006, en 2007 et en 2008, avant d'être consacrée, en 2009, en 2011 et en 2012, championne du Liban de lancer de poids et de lancer de javelot.
Outre les championnats nationaux, Karine a participé au championnat arabe cadets d'athlétisme, en 2009, qui s'est déroulé en Syrie et où elle a été classée parmi les premiers en heptathlon.
Bien qu'elle ait excellé en athlétisme, Karine ne s'est pas contentée de cette discipline. « Ma passion pour le sport ne s'arrêtait pas là, je voulais pratiquer un sport d'équipe », confie la jeune athlète. Elle décide alors, à l'âge de 14 ans, de se tourner vers le basket-ball. « Mon entourage estimait que j'avais tardé à franchir ce pas, mais moi, je considère qu'il n'est jamais trop tard pour suivre sa passion. » Après avoir participé aux championnats scolaires, elle intègre à 17 ans la 3e division du club Hoops. Équipe qui remporte le championnat des divisions. En 2010, elle joue avec l'équipe nationale scolaire qui rafle la première place lors du championnat arabe scolaire tenu au Liban. Karine intègre par la suite la 2e division avant de jouer, et ce depuis l'année dernière, dans l'équipe de basket-ball de première division du club Hoops.
Concilier travail, études et sport
Aujourd'hui, Karine consacre la plupart de son temps au basket-ball. « Ce que j'aime dans ce jeu, c'est l'esprit de groupe. Toute l'équipe travaille pour le même objectif. »
Dès sa première année universitaire à la LAU, elle intègre l'équipe de basket-ball de la fac et bénéficie d'une bourse sportive. Avec son équipe, elle remporte la 5e place au tournoi des 5 Ballons en France en 2013 et la 4e au tournoi EuroIbiza en 2012.
Bien qu'elle soit étudiante à temps plein, elle arrive à concilier études, sport et travail. « À présent, je m'entraîne au moins deux heures par jour, et cela pour rester compétitive et conserver mon endurance », lance la jeune fille avant de poursuivre : « Même si cela me fatigue physiquement, un tel rythme me permet de rester en forme et me repose
mentalement. »
La jeune athlète, qui aimerait travailler à la Banque centrale ou dans une entreprise financière, n'a jamais opposé travail et sport. Elle assure : « Si on est passionné par ce qu'on fait, on peut équilibrer entre les deux. » Elle trouve ainsi le temps de s'entraîner, étudier, travailler à la bibliothèque de la fac et enseigner le basket-ball dans le cadre des activités extracurriculaires du Collège international (IC). Karine baigne tout le temps dans l'ambiance du sport puisque ses coéquipières sont également ses amies proches. Quant à ses parents, bien qu'ils n'arrivent pas à la voir souvent à cause de son horaire surchargé, ils l'encouragent dans son parcours.
Féminine et ambitieuse
À tous ceux qui accusent les filles sportives de manquer de féminité, Karine répond en souriant : « Venez nous voir lors des matchs, observez le moindre détail, de nos ongles vernis jusqu'à la souplesse dont nous faisons preuve dans le jeu. On peut, à la fois, exceller en sport et rayonner de douceur. »
Les rêves de Karine ne s'arrêtent pas à sa petite sphère, mais englobent les autres aussi. Outre l'ambition de participer aux Jeux olympiques (JO) comme son idole, l'athlète Gretta Taslakian, qui a pris part aux JO à Athènes en 2004 et Pékin en 2008 et qui a représenté le Liban aux JO de Londres en 2012, la jeune fille souhaite fonder une académie pour enseigner aux enfants différentes disciplines sportives. « Les séances de sport à l'école ne suffisent pas pour initier les enfants aux activités sportives. Cette académie formera les prochaines générations. »
Elle ambitionne également de devenir ministre de la Jeunesse et des Sports. Elle aspire à améliorer les conditions des jeunes sportifs au Liban, et à les soutenir techniquement et financièrement.
Karine conclut en s'adressant aux jeunes : « N'hésitez pas à développer vos talents sportifs. Souvenez-vous qu'il n'est jamais trop tard pour le faire. Et assistez aux matchs pour encourager le sport dans notre pays qui compte plusieurs champions. »


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