Le gouvernement et les rebelles sud-soudanais ont signé hier un accord de cessez-le-feu après cinq semaines d'affrontements meurtriers. Les chefs des deux délégations, celle du camp du président Salva Kiir et celle de l'ancien vice-président Riek Machar, ont paraphé l'accord à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, après plusieurs semaines de discussions. Le texte, négocié par l'IGAD, l'Autorité intergouvernementale pour le développement qui regroupe sept pays est-africains, porte sur la cessation des hostilités et la question des détenus.
Les affrontements depuis la mi-décembre au Soudan du Sud, le plus jeune État africain indépendant, proclamé en juillet 2011, ont fait plusieurs milliers de morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés. Les négociations avaient jusque-là toujours échoué, notamment sur la question de la libération de détenus favorables à Riek Machar. M. Kiir accuse M. Machar d'avoir tenté un coup d'État. L'intéressé nie, qualifiant ces accusations de prétexte trouvé par le chef de l'État pour se débarrasser de ses opposants au sein du régime.
L'ONU et des ONG ont fait état d'atrocités de la part des deux camps – exécutions sommaires, viols, enrôlement d'enfants soldats notamment – et de massacres à caractère ethnique. À la rivalité politique entre MM. Kiir et Machar, se greffent de profonds et anciens antagonismes entre les peuples Dinka et Nuer dont sont respectivement issus les deux hommes. Hier, l'ONG Norwegian Refugee Council a comparé les atrocités commises au Soudan du Sud à celles ayant court en Syrie ou en Somalie.
Ces derniers jours, l'armée sud-soudanaise a repris le contrôle de toutes les capitales régionales tombées aux mains des partisans de M. Machar, notamment Bor, capitale de l'État oriental du Jonglei, le plus étendu du pays, et Malakal, capitale de l'État pétrolier du Haut-Nil. Les forces fidèles à M. Machar semblaient néanmoins contrôler toujours de vastes zones rurales dans plusieurs régions.
L'ONU a indiqué mercredi soir que l'armée sud-soudanaise avait entrepris de fouiller Malakal maison par maison, ajoutant héberger désormais 72 000 personnes dans ses huit bases du pays. Les relations entre les autorités sud-soudanaises et l'ONU se sont tendues, Juba accusant l'organisation de donner refuge à des rebelles, ce qu'elle nie, assurant de son côté que son personnel est « menacé et harcelé » par les troupes sud-soudanaises. Le président Kiir a récemment accusé l'ONU de vouloir établir un « gouvernement parallèle » au Soudan du Sud.
(Sources : agences)
Moyen Orient et Monde - Soudan Du Sud
Accord de cessez-le-feu signé à Addis-Abeba
OLJ / le 24 janvier 2014 à 00h00

