L'accès à la décharge de Naamé est resté fermé hier aux camions de Sukleen par les manifestants de la campagne pour la fermeture de la décharge. À L'Orient-Le Jour, Raghida Halabi, responsable de la communication de la campagne, a indiqué qu'aucun responsable ne s'est dirigé vers Naamé ni n'a contacté les manifestants pour régler cette grave crise écologique que traverse le pays. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) sont présentes sur le terrain mais n'entravent aucunement l'activité des manifestants, selon elle. Entre-temps, l'amoncellement des ordures dans les rues de la capitale et du Mont-Liban a recommencé, sans issue en vue.
La décharge de Naamé est, rappelons-le, la plus importante du pays, accueillant les déchets du Grand-
Beyrouth et du Mont-Liban. Après 16 ans d'activité, les habitants de la région ont estimé que la dernière prorogation du contrat pour une période d'un an (jusqu'au 17 janvier 2015) était de trop, et ils ont entamé leur sit-in le 17 janvier, date à laquelle la décharge devait être fermée. Les habitants disent vivre dans l'enfer des odeurs insupportables et d'une recrudescence de maladies dues, selon eux, aux émanations toxiques. Des pourparlers avec le Premier ministre désigné Tammam Salam avaient ouvert la voie à une trêve de 48 heures qui s'est terminée mardi soir. Une réunion avec le ministre sortant de l'Intérieur Marwan Charbel, mardi, a abouti à un échec, les manifestants ayant été déçus par les promesses qui n'incluaient pas un délai fixe pour la fermeture définitive du site.
Le Mouvement écologique libanais (LEM, rassemblement d'une soixantaine d'ONG), qui soutient le mouvement de protestation à Naamé depuis le début, a publié hier une liste de remarques sur ces pourparlers qui ont mal tourné. Le LEM a « dénoncé le manque de sérieux avec lequel le gouvernement traite ce dossier », stigmatisant le fait que la proposition gouvernementale ne comportait que cinq points qui ne répondent pas aux revendications des habitants. Les écologistes ont surtout déploré que « certains mettent en doute l'impact de la proximité de la décharge sur la santé, alors que ce fait est avéré par les spécialistes ». Ils faisaient référence à une proposition ministérielle de charger un bureau spécialisé d'effectuer une étude sur ce sujet.
Sur un autre plan, le LEM se dit « étonné du fait que les ministres actuels rejettent cette responsabilité sur le futur gouvernement alors qu'ils exercent toujours leurs fonctions ». Il a également refusé l'amalgame qui consiste à mélanger certains sujets comme les indemnités et les arriérés dus aux municipalités avec le sujet essentiel qui consiste à protéger la santé publique.
Enfin, le LEM a commenté la proposition de consacrer un terrain de 60 000 mètres carrés pour le compostage des matières organiques (dans le but de ne plus envoyer que les matières inertes à la décharge durant l'année qui reste). Les ONG ont jugé « cette proposition incomplète parce que le lieu n'a pas été défini, sachant qu'il ne peut se trouver hors du Mont-Liban, et parce qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le début de l'opération de compostage ».
L'Iqlim, une alternative ?
Par ailleurs, malgré l'immobilité apparente des responsables, il semble que des alternatives à Naamé soient discutées actuellement et commencent à susciter des réactions hostiles. C'est ce qui ressort d'un communiqué de la Fédération des municipalités de l'Iqlim el-Kharroub, publié suite à une réunion qualifiée « d'urgente », et dans lequel les municipalités « refusent d'offrir une alternative au problème de la décharge de Naamé ». Sans lésiner sur les termes catastrophistes, le communiqué affirme qu'une telle décision ne serait pas moins qu'« une politique d'exode des habitants de la région » ou encore « une bombe atomique ».
Le texte appelle à « faire face par tous les moyens possibles à cette décision qui aurait un impact sur la santé des habitants de l'Iqlim et à ne céder à aucune concession ni accepter aucun marché ».
Pour mémoire
Sit-in de Naamé : un délai sous conditions
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La décharge de Naamé est, rappelons-le, la plus importante du pays, accueillant les déchets du Grand-Beyrouth et du Mont-Liban. Après 16 ans d'activité, les habitants de la région...


Et si on les envoyait tous (ministres et deputes) a cette poubelle ? Ils meritent pas mieux.
09 h 36, le 23 janvier 2014