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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Face à une Europe attentiste, Erdogan campe sur ses positions

Le Premier ministre turc est resté inébranlable à Bruxelles dans sa volonté d'encadrer la justice de son pays.

Conférence de presse conjointe pour le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, hier à Bruxelles. John Thys/AFP

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est resté hier à Bruxelles inébranlable dans sa volonté d'encadrer la justice turque, devant une Europe attentiste face à la crise qui fragilise son régime.
En visite à Bruxelles pour la première fois en cinq ans, M. Erdogan n'a pas hésité à démentir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Au cours d'une conférence de presse commune à l'issue de leur rencontre, ce dernier venait de saluer « l'engagement personnel » du dirigeant turc à « poursuivre les réformes nécessaires » en vue de garantir le respect de l'État de droit, condition sine qua non d'un rapprochement avec l'UE. « La justice ne peut pas outrepasser son mandat, c'est ce qui se fait en Turquie et tout le reste n'est que désinformation », a rétorqué M. Erdogan, accusé de vouloir mettre au pas le système judiciaire turc en riposte à la mise en cause de son régime dans des affaires de corruption. « Personne ne peut s'interroger sur la nécessité de séparer les pouvoirs », que met instamment en avant l'UE, « mais si l'un de ces pouvoirs parasite l'autre », alors le législatif peut intervenir, a-t-il insisté.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a affirmé que l'UE et la Turquie étaient en « contact permanent » sur le projet turc de réforme de la justice dont les Européens veulent obtenir l'amendement. « Le plus important est de mener un dialogue étroit (...) la Commission est là pour surveiller et rapporter d'éventuelles violations », a-t-il souligné au cours de la même conférence de presse. « La Turquie est un pays charnière entre deux mondes, avec des choix à faire dans les années qui viennent. Il y a des choses qui paraissent improbables, difficiles, et qui peuvent être surmontées », s'est prévalu le ministre français des Affaires européennes, Thierry Repentin.
Pour les Européens, la prochaine occasion de sonder les intentions de M. Erdogan doit être la visite prévue du président français François Hollande à Ankara les 27 et 28 janvier. « Nous avons envoyé des signes, il faut aussi qu'il y ait des signes de l'autre côté », a estimé M. Repentin. Cette visite, « la première officielle d'un chef de l'État français depuis 22 ans, est importante », a de son côté souligné M. Erdogan, qui a indiqué qu'il se rendrait ensuite en Allemagne, les 3 et 4 février. Dans l'attente de ces rendez-vous, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a prôné la patience : « Notre message est passé (...) c'est à suivre », a-t-il affirmé à l'issue d'une rencontre de M. Erdogan avec les présidents des groupes parlementaires européens. Les échanges ont été « francs et animés » au vu des inquiétudes européennes sur le risque d'une dérive autoritaire en Turquie, a-t-il reconnu.
M. Erdogan a en outre réitéré sa thèse du complot pour expliquer la crise politique actuelle en Turquie. « Nous sommes la dixième économie du monde, cela dérange certains », a-t-il lancé. Il a souligné l'impatience turque face aux lenteurs des négociations d'adhésion à l'UE, entamées en 2005 mais freinées par l'absence de règlement du dossier chypriote et les réticences des Européens à ouvrir leurs portes à un grand pays en majorité musulman. « Nous devons progresser rapidement, les attentes sont là (...) nous ne voulons pas être une charge, mais un moteur pour l'UE », a-t-il dit, alors que sa visite, programmée avant la crise politique en Turquie, visait justement à relancer le processus de rapprochement.
(Source : AFP)

 

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est resté hier à Bruxelles inébranlable dans sa volonté d'encadrer la justice turque, devant une Europe attentiste face à la crise qui fragilise son régime.En visite à Bruxelles pour la première fois en cinq ans, M. Erdogan n'a pas hésité à démentir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Au cours d'une conférence de presse commune à l'issue de leur rencontre, ce dernier venait de saluer « l'engagement personnel » du dirigeant turc à « poursuivre les réformes nécessaires » en vue de garantir le respect de l'État de droit, condition sine qua non d'un rapprochement avec l'UE. « La justice ne peut pas outrepasser son mandat, c'est ce qui se fait en Turquie et tout le reste n'est que désinformation », a rétorqué M. Erdogan, accusé de...
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La Turquie ne sera jamais un moteur mais toujours un boulet au pied de l'Europe. Ni Erdogan, ni aucun autre Turc ne pourra convaincre l'Europe de cet adage tant que la Turquie piétine les droits de ses voisins comme ceux de son peuple. Quand au dit complot, Erdogan a été atteint du virus de la "complotite" aiguë que les arabes ont. Qu'ils se joigne a eux et laisse l'Europe tranquille. Elle n'a que faire de rébus de cette espèce.

Pierre Hadjigeorgiou

12 h 45, le 22 janvier 2014

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  • La Turquie ne sera jamais un moteur mais toujours un boulet au pied de l'Europe. Ni Erdogan, ni aucun autre Turc ne pourra convaincre l'Europe de cet adage tant que la Turquie piétine les droits de ses voisins comme ceux de son peuple. Quand au dit complot, Erdogan a été atteint du virus de la "complotite" aiguë que les arabes ont. Qu'ils se joigne a eux et laisse l'Europe tranquille. Elle n'a que faire de rébus de cette espèce.

    Pierre Hadjigeorgiou

    12 h 45, le 22 janvier 2014

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