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Moyen Orient et Monde - Égypte / Référendum

Désormais, les généraux régneront en véritables maîtres

La nouvelle Constitution égyptienne a été approuvée à une écrasante majorité lors du référendum qui s'est déroulé mardi et mercredi, rapprochant sans doute le général Abdel Fattah al-Sissi, chef d'état-major des forces armées, d'une candidature à la présidence. Les résultats définitifs, et notamment le chiffre de la participation, n'ont pas encore été publiés, mais un responsable du ministère de l'Intérieur a annoncé dès mercredi soir que le oui l'emportait avec plus de 95 % des suffrages exprimés, la participation atteignant, elle, les 55 %. L'agence de presse officielle MENA parle quant à elle de plus de 90 % de « oui » dans les bureaux de vote dont les résultats ont été communiqués. La Haute Commission électorale a indiqué que les résultats officiels seraient annoncés « dans les 72 heures », soit samedi.
Le général Sissi, l'homme fort en Égypte depuis l'éviction de Mohammad Morsi le 3 juillet, a laissé entendre qu'en cas de forte participation et de large victoire du « oui », il pourrait se « laisser convaincre » de se présenter à l'élection présidentielle qui devrait se tenir dès le mois d'avril. « Je pense que c'est désormais le meilleur moment pour Sissi pour faire une annonce, s'il a l'intention de briguer la présidence », commente Mohammad Qadri Saïd, général de réserve qui travaille au Centre al-Ahram d'études stratégiques et politiques. « Je ne vois personne se porter candidat contre lui. Il a accompli de grandes choses pour notre pays et le peuple l'aime », ajoute-t-il.
Alors que les Frères musulmans de Mohammad Morsi avaient appelé à boycotter le scrutin, pratiquement personne n'a fait campagne pour le « non », les quelques militants qui s'y sont risqués ayant été immédiatement arrêtés.

L'armée sanctuarisée
Les organisations égyptiennes et internationales de défense des droits de l'homme ont dénoncé le « climat de haine et d'intimidation » entretenu par les médias égyptiens, notamment gouvernementaux.
Neuf personnes avaient été tuées pendant des manifestations en marge du premier jour de scrutin. Le ministère de l'Intérieur a fait état de 444 arrestations pour « obstruction au scrutin » en deux jours. « D'un point de vue technique, le scrutin s'est déroulé normalement », a jugé Dan Murphy, directeur du programme Democracy International et l'un des rares observateurs présents.
Cette Constitution représente une avancée par rapport au texte d'inspiration islamiste qui avait été largement approuvé par référendum il y a un an, soulignent les juristes, même si elle sanctuarise l'indépendance de l'armée par rapport au pouvoir civil. La Loi fondamentale assure ainsi aux généraux de rester les véritables maîtres du pays pendant les prochaines années. En première ligne si le général Sissi brigue la présidence. Ou dans les coulisses.
(Source : Reuters)

La nouvelle Constitution égyptienne a été approuvée à une écrasante majorité lors du référendum qui s'est déroulé mardi et mercredi, rapprochant sans doute le général Abdel Fattah al-Sissi, chef d'état-major des forces armées, d'une candidature à la présidence. Les résultats définitifs, et notamment le chiffre de la participation, n'ont pas encore été publiés, mais un responsable du ministère de l'Intérieur a annoncé dès mercredi soir que le oui l'emportait avec plus de 95 % des suffrages exprimés, la participation atteignant, elle, les 55 %. L'agence de presse officielle MENA parle quant à elle de plus de 90 % de « oui » dans les bureaux de vote dont les résultats ont été communiqués. La Haute Commission électorale a indiqué que les résultats officiels seraient annoncés « dans les 72...
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