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Moyen Orient et Monde - Ici Et Maintenant

Roméo et le monde

Il y avait quelque chose de troublant dans cette conférence de presse marathon. Ce n'était pas le monstrueux nuage d'électricité au-dessus du président, des ministres et de la foule record de médias. Ce n'était pas la gêne, ni l'obséquiosité, ni, à la limite, la compassion d'Alain Barluet, qui a posé la première question, celle que chaque journaliste rêvait de réinventer devant les caméras du monde entier. Ce n'était pas non plus les visages boursouflés de satisfaction, de plaisir aussi, de Jean-Marc Ayrault, de Laurent Fabius ou de Manuel Valls, grandiose d'arrogance belle et sereine. Ce n'était pas, toujours pas, ces trois mots, lâchés comme un tir de kalachnikov : Dans les miennes, trois mots vomis presque sur ce reporter indépendant qui a demandé au locataire de l'Élysée s'il se posait dans les traces de Tony Blair ou dans celles de Lionel Jospin. Ce n'était pas non plus, donc, cette schröderisation en direct ni ce pari politique extrêmement risqué, lui qui n'a presque plus rien à perdre : 30 milliards d'euros d'allègement fiscal pour les entreprises, même DSK aurait hésité. Ce n'était pas, tout autant, son pacte de responsabilité, qu'il a voulu furieusement fédérateur : la veille, chez Yves Calvi, l'inénarrable Gilbert Collard (se) demandait si le main job du chef de l'État n'était pas de rassembler les Français. Ce n'était pas non plus son esquive shakespearienne et hitchcockienne à la fois, cet affligeant Je vous dirai tout avant mon voyage aux States, ni toutes ces images d'éventuelles revanches macbethiennes de Valérie Trierweiler...

Ce n'était pas tout cela. Ce qu'il avait de plus, de particulièrement troublant hier, c'était François Hollande. C'était sa nouvelle méthode. Sa façon de s'adresser aux Français, son phrasé, son ton, sa diction, son aisance : on aurait dit qu'il avait pris des cours privés express de théâtre. D'expression corporelle. François Hollande était à la fois l'homme, l'acteur et le personnage. Ce qu'il y avait de troublant hier, c'était cette bipolarité énigmatique, cette impression inouïe qu'il donnait d'être éminemment ici (et aucun point presse présidentiel en France n'a duré aussi longtemps) et absolument ailleurs. C'était son corps, ses yeux, ses mains : François Hollande attendait. D'être là-bas. Roland Barthes disait : Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j'attends. L'identité fatale de l'amoureux n'est rien d'autre que : je suis celui qui attend.

François Hollande est amoureux, loin du cigare plouc de Bill Clinton, loin des gangbangs prostatiques de Silvio Berlusconi – bêtement, simplement et profondément amoureux. Rien n'est plus sympathique qu'un président amoureux : 56 % des Français interrogés dans un récent sondage BVA pour Le Parisien trouvaient justement François Hollande sympathique. À la bonne heure, si tant est qu'il est demandé à un président de la République d'être uniquement sympathique. Mais non : seuls 31 % des sondés avaient en revanche un jugement positif sur sa compétence. Voilà.


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commentaires (6)

Tres vrai, tres bien ecrit, comme d'habitude! Moi, je trouve que Hollande - comme n'importe quel etre humain - est libre d'avoir sa propre vie privee. Mais il est certain que, politiquement parlant, il a echoue. Alors qu'il aille roucouler avec sa petite amie, c'est mieux pour lui et pour tout le monde. Mais je pense a la pauvre Valerie qui doit etre completement devastee...C'est la vie; chacun fait son choix: certains sacrifient leur bonheur, d'autres trouvent qu'ils y ont droit.

Michele Aoun

10 h 15, le 16 janvier 2014

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Commentaires (6)

  • Tres vrai, tres bien ecrit, comme d'habitude! Moi, je trouve que Hollande - comme n'importe quel etre humain - est libre d'avoir sa propre vie privee. Mais il est certain que, politiquement parlant, il a echoue. Alors qu'il aille roucouler avec sa petite amie, c'est mieux pour lui et pour tout le monde. Mais je pense a la pauvre Valerie qui doit etre completement devastee...C'est la vie; chacun fait son choix: certains sacrifient leur bonheur, d'autres trouvent qu'ils y ont droit.

    Michele Aoun

    10 h 15, le 16 janvier 2014

  • ROMÉO.. DON JUAN... OU ABOU A7MAD ?

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 59, le 15 janvier 2014

  • Le point faible des Français est l'amour et rien que l'amour.De l'union libre à l'adultère tout est permis et tant pis pour la République.

    Sabbagha Antoine

    12 h 16, le 15 janvier 2014

  • Bof. Trop de credit donne a un homme qui a echoue sur les 18 premiers mois. Amoureux ou pas, c'est pas ce qu'on attend d'un homme public. Sa vie privee et ses elans de Coeur ne nous concernent pas. Et s'il n'etait pas amoureux ??? tout ce raisnnement s'ecroulerait...... Hollande ne merite pas d'etre a la tete d'un pays comme la France. Et viendra le temps des municipales au printemps prochain pour que les francais s'expriment librement contre cette mainmise et cette escroquerie surnommee la gauche.

    Tabet Karim

    09 h 40, le 15 janvier 2014

  • On adôre dans les "discours", leur Hypocrisie. Ce n’est pas leur office, n’est-ce pas, de jouer le rôle d’accusateur, aussi s’abstiendront-ils de désigner avec + de précision. Quels anges de bonté ! Ils s’abstiennent de "désigner" avec + de précision, et ce n’est que par des signes précis qu’ils montreront où tend leur opinion. Ils laissent donc tomber de l’indistinct qui éveille les soupçons ! Ce n’est pas leur office d’être Accusés publics ; c’est celui d’être accusateurs cachés. Les malheureux s’avisent que leur office c’est de discourir du baratinage "libéral", de jouer le rôle du "loyal partisan" de la liberté de la presse et adoptent donc cette position. C’est la protection de la vie privée, nous apprennent ces "protecteurs" de la liberté de la presse qui, si elle n’est pas le coq "Censeur" français porteur de l’inscription : "Je dors, ne me réveillez pas", a agi de la sorte afin de compromettre une plus grande liberté de la presse. Et une liberté de la presse qui attend sa renommée des dires "discoursifs d’un Roméo à mob", a-t-elle besoin, elle, d’être davantage compromise ? On peut qualifier ceci de "libre", comme on dit que l’impudence est sans bornes ; et n’est-ce pas l’impudence de l’Hypocrisie que de se faire passer pour le défenseur d’une liberté de la presse, alors que l’on affirme que cette presse roulerait dans le ruisseau si un "Roméo à pédalo" quelconque ne la soutenait.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 12, le 15 janvier 2014

  • Occupons-nous de nos "Roméos" locaux qui délirent et font agoniser ce chiffon de République.

    Halim Abou Chacra

    04 h 35, le 15 janvier 2014

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