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Nos lecteurs ont la parole - Raymond Nammour

La « folie salutaire »

Le Liban est pris en tenaille. Arabie saoudite d'un côté, République islamique de l'autre. Ils sont sur le point de faire voler en éclats le pays du Cèdre.
Sur la scène syrienne, le conflit du même duo s'est transformé en guerre ouverte. La machine militaire des Assad résiste. Elle bénéficie d'une infrastructure de quarante ans, du soutien total de l'Iran et de la bienveillance israélienne. Elle a à faire face à la majorité, passive, du peuple syrien et à des groupuscules armés de tout poil.
Sur la scène libanaise, la machine iranienne attaque. Elle s'appuie sur une imposante infrastructure militaire. Elle a le soutien, présumé, d'au moins la moitié de la population libanaise. Elle bénéficie d'une sournoise bienveillance israélienne. Elle a à faire face à l'autre moitié du peuple libanais. Et, fait nouveau, elle a à affronter les mêmes groupuscules d'el-Qaëda qui, faute de vaincre en Syrie, espèrent faire le maximum de dégâts à Beyrouth.
C'est sur cette toile de fond que vient se greffer le soutien de 3 milliards de dollars de l'Arabie saoudite à l'armée libanaise et la ferme volonté du président de la République de procéder à la formation d'un nouveau gouvernement. Et c'est sur cette même toile de fond qu'a été perpétré un énième attentat terroriste dans la banlieue sud de Beyrouth. Les pro-Iraniens dénoncent le cadeau empoisonné saoudien. L'Arabie chercherait à s'attirer la sympathie et le soutien de l'armée nationale dans le but clairement affiché de la dresser contre le Hezbollah.
Même raisonnement pour ce qui est du nouveau gouvernement envisagé ; le président sortant chercherait à isoler le Hezbollah à travers la formation d'un cabinet « apolitique ».
Comment sortir de cette tenaille de la mort ? Y a-t-il encore une place pour une neutralité quelconque dans le conflit opposant les chiites et les sunnites ? Physiquement et mathématiquement, le Liban est condamné à une « somalisation irakisée ».
Les chrétiens, qui auraient pu jouer les arbitres, sont totalement neutralisés par leurs divisions. Il y a désormais les chrétiens sunnites et les chrétiens chiites. Et ils se vouent réciproquement une haine aussi coriace que celle opposant les descendants du Prophète.
Sommes-nous capables de déjouer, une fois de plus, les lois de la science ? L'existence même du Liban, jusqu'à ce jour, n'est-elle pas une « anomalie » et un démenti à toutes les lois de la science politique ?
Face aux attentats de toute sorte, la République, ou ce qu'il en reste, est appelée à agir et tout de suite. Elle ne doit plus attendre, ni douter, ni hésiter. Elle doit se draper de l'audace et rien que de l'audace. La délivrance ne peut venir que d'une « folie salutaire », d'une initiative hors norme.
Et pourquoi pas la loi martiale ?
Un pays visé par autant de terrorisme doit faire autre chose que des condamnations vaseuses. Sous d'autres cieux, une République en guerre aurait agit comme suit : la loi martiale est décrétée sur tout le territoire. L'armée boucle les frontières. Un comité de salut public et non pas un gouvernement apolitique est imposé par les militaires. L'application de la Constitution est suspendue. Le Parlement est dissous.
Le délai de cette « folie salutaire » ? Tant que la situation l'exige.
Mais ça, c'est sous d'autres cieux ! Sous le nôtre, on continuera à chercher la quadrature du cercle ; sans oublier de compter nos morts jour après jour... avec les plus fermes condamnations.

Le Liban est pris en tenaille. Arabie saoudite d'un côté, République islamique de l'autre. Ils sont sur le point de faire voler en éclats le pays du Cèdre.Sur la scène syrienne, le conflit du même duo s'est transformé en guerre ouverte. La machine militaire des Assad résiste. Elle bénéficie d'une infrastructure de quarante ans, du soutien total de l'Iran et de la bienveillance israélienne. Elle a à faire face à la majorité, passive, du peuple syrien et à des groupuscules armés de tout poil.Sur la scène libanaise, la machine iranienne attaque. Elle s'appuie sur une imposante infrastructure militaire. Elle a le soutien, présumé, d'au moins la moitié de la population libanaise. Elle bénéficie d'une sournoise bienveillance israélienne. Elle a à faire face à l'autre moitié du peuple libanais. Et, fait nouveau, elle...
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