« Job prit la parole et dit : "Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze avec le ciseau de fer et le poinçon, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours : je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je verrai, et, quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas." »
Livre de Job 19, 1.23-27a
Jean a ouvert les yeux de son cœur et il a vu, il a vu Dieu, et quand ses yeux l'on regardé, Dieu ne s'est pas détourné de lui, car Jean a vécu son engagement de fils de Dieu dans la joie, mais aussi dans la souffrance, avec une foi exemplaire, une sérénité et un sourire constants, malgré les épreuves qu'il a pu vivre et qui ne l'ont pas quitté ces dernières années.
Jean a été l'un des membres pionniers de l'Union des Français de l'étranger – représentation du Liban, qu'il a accompagnée depuis sa création en 1988, participant surtout au volet de la communication dans les différents médias dont il avait la charge.
Il avait mis au service de notre association sa plume et son savoir-faire de journaliste, mais au-delà de ses talents littéraires, il y avait mis surtout son cœur, et c'est là ce que nombreux d'entre nous retiendront de son passage parmi nous. Ce cœur qu'il avait sur la main offert à tous, offert à ses amis, à ses compagnons de travail et à tous ceux qu'il a pu côtoyer avec la grande simplicité que nous lui connaissions.
Le cœur de Jean le devançait partout où il était, car c'est avec le cœur qu'il a entrepris de défendre la langue française qui n'avait plus pour lui aucun secret, et qu'il savait manier avec autant de maîtrise que de brio. Jean s'est engagé dans la défense de la langue française avec la conviction et la persévérance que l'on a quand on s'engage pour la défense d'une cause noble et juste. Il en avait fait son combat, une cause vitale, sans laquelle sa vie n'aurait pas été la même, empreinte de poésie et de disponibilité gratuite. Il avait fait de la défense de la langue de Molière son combat de tous les jours. Alors même que ces dernières années il menait un tout autre combat, ô combien plus douloureux celui-là ! Contre sa maladie qu'il affrontait avec autant de courage que de sérénité, mais toujours avec la même discrétion et ce même sourire ! La mise à l'écart de sa vie professionnelle par l'arrêt des parutions de la Revue du Liban n'a fait qu'ajouter au bouleversement de son existence.
Il est si difficile de trouver un sens à l'adversité ! Mais contrairement à ce à quoi l'on pouvait s'attendre, c'était Jean, lui-même, qui parfois nous encourageait à tenir le cap et à relever le défi de l'avenir !
Pour cette grande espérance dont il avait fait sa ligne de conduite, pour cette grande humilité, cette humilité vraie qu'il a toujours vécue en laissant parler son cœur, bien plus que son intellect et son esprit, pour ce cœur si généreux et si sincère, nous garderons tous de Jean un souvenir impérissable.
Pour une amitié de près de vingt-cinq ans, pour une fidélité sans faille, pour les combats silencieux que tu as su mener par conviction pour la France et pour la défense des intérêts de la France à l'étranger, pour cette part de France que tu vivais pleinement dans ton environnement libanais, merci. Merci d'avoir porté si haut le flambeau de la langue française avec autant de talent que de courage, et d'avoir accompagné de tes conseils et de ta présence amicale l'UFE-Liban.
L'amour nous fait passer, dit-on, de la mort à la vie. Tu auras tellement donné de ta vie que tu n'auras rien laissé à la mort pour qu'elle se l'approprie. Alors, « Seigneur, Toi qui connais toutes les souffrances qui obscurcissent notre passé, Toi qui les as vécues dans Ta chair sur le chemin du Golgotha, vois celui qui s'avance vers Toi, fais-le entrer dans Ta clarté, réchauffe-le de Ta lumière, accueille Jean dans Ton amour, pour qu'il fasse au plus profond de son être la découverte d'avoir toujours été aimé, et de vivre dorénavant dans la plénitude de Ton amour ».
Jean-Louis MAINGUY
Président de l'Union des
Français de l'étranger
Représentation du Liban
Jean a ouvert les yeux de son cœur et il a vu, il a vu Dieu, et quand ses yeux l'on regardé, Dieu ne s'est pas détourné de lui, car Jean a vécu son engagement de fils de Dieu dans la joie, mais aussi dans la souffrance, avec une foi exemplaire, une sérénité et un sourire constants, malgré les épreuves qu'il a pu vivre...

