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Moyen Orient et Monde - Centrafrique

L’Afrique centrale met Djotodia en sursis

Une partie de Bangui a retrouvé une activité quasi normale.

Le renforcement rapide de la force africaine en Centrafrique (Misca) est réclamé par la France et l’Union africaine (UA) afin de stabiliser Bangui, puis la province. Emmanuel Braun/Reuters

Les pays voisins de la Centrafrique étaient réunis hier à N'Djamena pour mettre le président centrafricain Michel Djotodia, désormais en sursis, au défi de rétablir l'ordre dans son pays ensanglanté par les violences.
En ouvrant ce sommet « extraordinaire » de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), qu'il a convoqué en tant que président en exercice, le chef de l'État tchadien Idriss Déby Itno a invité les participants à observer une minute de silence « face à cette tragédie vécue par les Africains en Centrafrique ». « Un seul constat doit être fait et il est amer : la RCA (République centrafricaine) subit au plus profond d'elle-même les agissements de ses propres fils plongeant leur pays dans une guerre qui compromet dangereusement son avenir », a ajouté M. Déby, en présence notamment du président centrafricain Michel Djotodia et de son Premier ministre Nicolas Tiangaye. « Nous avons le devoir (...) de faire montre de plus de solidarité et de détermination pour sortir la Centrafrique de son abîme. Il nous faut de plus en plus des actes concrets et décisifs », a réclamé le président tchadien avant le début des travaux à huis clos. Dans ce contexte, les dirigeants participant au sommet ont envoyé hier un avion à Bangui, où règne une lourde atmosphère de fin de règne, pour amener dans la capitale tchadienne les 135 membres du Parlement de transition centrafricain, a-t-on appris de source officielle tchadienne.
La première préoccupation des pays de la CEEAC, et en premier lieu du Tchad, puissant voisin tutélaire de la Centrafrique, est la paralysie totale du pouvoir de Bangui et son incapacité à rétablir l'ordre depuis des mois dans un pays livré à des violences interreligieuses. À cet égard, « par rapport notamment à la transition politique, au fait que l'État est paralysé, il y a certainement des décisions à prendre et on va voir ce que nos amis africains décident (...) », a déclaré hier matin le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius sur la chaîne de télévision France 2, pressé de dire si une démission de M. Djotodia faciliterait les choses. La présidence centrafricaine a démenti toute velléité de démission, tandis que la CEEAC a rappelé qu'une démission n'est pas l'objet d'un sommet de chefs d'État.

« Incapacité, voire impuissance »
Mais les débats de N'Djamena s'annoncent comme particulièrement désagréables pour MM. Djotodia et Tiengaye, et plus largement pour la classe politique centrafricaine. « Le sommet a été convoqué à cause de la détérioration de la situation sécuritaire », avait expliqué mercredi soir le secrétaire général de la la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), Allami Ahmat. « Les autorités centrafricaines seront interpellées pour mieux faire au lieu de perdre leur temps à se quereller, à s'insulter sur la place publique », a indiqué M. Ahmat en référence aux relations notoirement mauvaises entre MM. Djotodia et Tiengaye. « On assiste à une situation déplorable : d'un côté les autorités de la transition qui font montre d'une certaine incapacité, voire impuissance, à résoudre le problème, de l'autre une société civile et une classe politique qui s'évertuent à jeter de l'huile sur le feu », selon le secrétaire général.
L'autre grand volet du sommet est le renforcement rapide de la force africaine en Centrafrique (Misca), réclamée par la France qui ne veut pas renforcer son dispositif Sangaris de 1 600 soldats, et l'Union africaine (UA) afin de stabiliser Bangui, puis la province. À ce sujet, M. Fabius a répété hier qu'il n'y avait « pas de renforts prévus » à la force Sangaris. « Nous ne voulons pas être pris dans un engrenage (...) Mais il faut aussi que nous soyons appuyés par d'autres, d'abord les Africains, 6 000, et puis nous avons demandé aux Européens de nous aider », a-t-il souligné, en référence à une réunion européenne des ministres des Affaires étrangères le 20 janvier à Bruxelles. La Misca compte actuellement 4 000 hommes. Mercredi, le Rwanda a annoncé l'envoi sous une dizaine de jours d'un contingent de 800 soldats.
À Bangui, les tueries à grande échelle de ces dernières semaines ont progressivement cessé et une partie de la ville a retrouvé mercredi une activité quasi normale. Mais des exactions et des tirs sporadiques sont encore signalés presque toutes les nuits. « La situation s'améliore, lentement, mais elle s'améliore », a estimé hier le chef de l'opération française Sangaris, le général Francisco Soriano, lors d'une opération de communication de l'armée française dans un quartier de Bangui, visant, avec les responsables civils et les ONG, à tenter de rassurer les populations et inciter les déplacés à revenir chez eux.
Depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par M. Djotodia, la Centrafrique a été emportée dans une spirale de violences communautaires et interreligieuses.
(Sources : agences)

Les pays voisins de la Centrafrique étaient réunis hier à N'Djamena pour mettre le président centrafricain Michel Djotodia, désormais en sursis, au défi de rétablir l'ordre dans son pays ensanglanté par les violences.En ouvrant ce sommet « extraordinaire » de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), qu'il a convoqué en tant que président en exercice, le chef de l'État tchadien Idriss Déby Itno a invité les participants à observer une minute de silence « face à cette tragédie vécue par les Africains en Centrafrique ». « Un seul constat doit être fait et il est amer : la RCA (République centrafricaine) subit au plus profond d'elle-même les agissements de ses propres fils plongeant leur pays dans une guerre qui compromet dangereusement son avenir », a ajouté M. Déby, en présence...
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