Depuis vendredi, de violents affrontements opposent une nouvelle alliance de rebelles à l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe qui était jusqu’à il y a peu l’allié de la rébellion face aux forces du président Bachar el-Assad. Ahmad Abboud/AFP
Rebelles et militants en Syrie, engagés depuis près de trois ans dans une guerre contre le régime, ont lancé une « deuxième révolution », cette fois-ci contre des jihadistes affiliés à el-Qaëda qu'ils accusent d'être des créatures du pouvoir et des pires abus.
Depuis vendredi, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), ou Da'ech, un groupe qui était jusqu'à il y a peu l'allié de la rébellion face aux forces du président Bachar el-Assad. L'Armée des Moujahidine, une nouvelle alliance de rebelles, s'est ainsi engagée vendredi à « combattre l'EIIL », accusé d' « enlever, torturer et tuer des commandants (rebelles) et des militants », des accusations souvent lancées également par l'opposition politique. Celle-ci a d'ailleurs a annoncé ce week-end son « soutien total » aux tentatives des rebelles de « libérer les villes de l'oppression autoritaire de l'EIIL », accusé d'avoir « volé » la révolution contre Assad.
L'EIIL a réagi dans un communiqué en dénonçant une « campagne médiatique » visant à « porter atteinte à l'image des vrais hommes du jihad en les représentant comme des meurtriers ». Le groupe a également menacé les habitants d'Alep de se retirer de ce front et de laisser l'armée reprendre la ville si la pression augmentait « de la part de ces voyous » (rebelles). « Ne cherchez pas quel sort vous réservera le régime (...), rangez-vous donc du côté de l'EIIL avant de le regretter amèrement ».
Outre l'Armée des Moujahidines, le Front islamique, la plus puissante coalition rebelle en Syrie, et le Front des révolutionnaires de Syrie, sont engagés dans le combat. Dans les provinces d'Alep et d'Idleb, plusieurs dizaines de combattants membres ou proches de l'EIIL ont été tués et une centaine d'autres ont été faits prisonniers par ces rebelles depuis vendredi, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), dont l'un des hauts dirigeants du groupe islamiste, Abou el-Hareth. « Ce sont les affrontements les plus violents entre les deux bords. Il s'agit d'une attaque organisée des rebelles contre les postes de l'EIIL », a expliqué l'OSDH. Au moins 50 rebelles ont eux péri au cours des dernières 24 heures dans des attaques menées par des jihadistes principalement dans le nord syrien, dans le cadre du nouveau front qui s'est ouvert entre les deux bords, a rapporté l'ONG hier. Les affrontements se sont étendus hier vers d'autres provinces : à Idleb, dans le Nord-Ouest, quatre insurgés ont été tués dans une embuscade tendue par l'EIIL dans le district de Jabal el-Zawiya, et cinq autres ont été exécutés à Harem. Parallèlement, des militants présents à Idleb ont affirmé hier que plusieurs membres de l'EIIL avaient rejoint les rangs des rebelles combattant les islamistes.
Positions abandonnées
En outre, l'EIIL s'est retiré de certains secteurs stratégiques du nord près de la frontière turque, selon l'opposition syrienne. Le groupe s'est notamment retiré de sa place forte d'el-Dana dans la province d'Idleb et de la localité de Atma. Les combattants du Front el-Nosra et d'Ahrar el-Cham occupent désormais les positions de l'EIIL dans ces deux localités. Mais, comme il n'y a pas eu de combats dans ces zones spécifiques, il se pourrait qu'il y ait eu accord entre les deux camps pour éviter une confrontation plus grave qui aurait été dommageable pour les forces de chacun et aurait constitué un cadeau pour le président Assad, estime-t-on dans l'opposition et dans les milieux diplomatiques de la région.
Le régime syrien a toujours affirmé combattre des « terroristes extrémistes », sans faire de distinction entre opposants politiques, combattants rebelles et jihadistes. Mais avec ce nouveau front, les militants se sont félicités de cette « seconde révolution », où ils souhaitent combattre à la fois le pouvoir à Damas et la « terreur » imposée par l'EIIL, qui prône une version extrême de l'islam. « La révolution est revenue sur son droit chemin », a commenté Ibrahim al-Idelbi, un militant d'Idleb sur sa page Facebook. Le groupe, qui milite ouvertement pour un État islamique en Syrie et est particulièrement puissant à Raqa dans le Nord, est par exemple accusé d'imposer le voile aux écolières, de détenir des centaines de militants ou des personnalités comme le prêtre jésuite Paolo Dall'Oglio ou encore de décapiter des citoyens sur une simple accusation de blasphème.
Par ailleurs, le journaliste turc Bünyamin Aygün, pris en otage par des groupes radicaux en Syrie, a été libéré hier et doit très prochainement rentrer en Turquie, a annoncé l'agence de presse officielle turque Anatolie, citant des sources turques. Le photographe travaillant pour le journal Milliyet avait disparu il y a plusieurs semaines et son journal était sans nouvelles de lui.
Incertitudes et réélection de Jarba
Sur le plan politique, la Coalition de l'opposition syrienne en exil s'est retrouvée hier à Istanbul pour évaluer sa décision de participer ou non le 22 janvier prochain à la conférence de paix dite de Genève 2. La réunion a débuté hier à la mi-journée à huis clos dans un hôtel stambouliote et devait se poursuivre jusqu'à aujourd'hui ou demain, a-t-on appris auprès de la Coalition. Lors de sa dernière assemblée générale en novembre, la Coalition s'était déclarée, après de vifs débats, prête à participer en même temps que des représentants du régime de Damas à la conférence qui doit débuter à Montreux en Suisse.
Avant de discuter des perspectives de la conférence de Genève, les opposants au régime syrien devaient faire le point hier des travaux du nouveau gouvernement de l'opposition, élu en novembre dernier. Ahmad Jarba a d'ailleurs été réélu hier soir à Istanbul à la présidence de la Coalition nationale syrienne (CNS), pour un deuxième mandat de six mois, face à l'ancien Premier ministre syrien Riad Hijab, selon un participant au vote. Il a recueilli 65 voix contre 52 à son rival.
Lire aussi
Plus encore que les USA, l'Iran prêt à aider l'Irak contre el-Qaëda
L'EIIL, affilié à el-Qaëda, revendique l'attentat de Haret Hreik
Depuis vendredi, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), ou Da'ech, un groupe qui était jusqu'à il y a peu l'allié de la rébellion face aux forces du président Bachar el-Assad. L'Armée des Moujahidine, une nouvelle alliance de rebelles, s'est ainsi engagée vendredi à « combattre l'EIIL », accusé d' « enlever, torturer et tuer des commandants (rebelles) et des militants », des accusations souvent lancées également par l'opposition politique. Celle-ci a d'ailleurs a annoncé ce...


L'histoire sera ecrite que jarba fut elu par un college sur lequel le peuple syrien jerba ! Il etait titre que les rebelles syriens s'entredevorent !!! mais decidement la viande doit etre bonne a cet endroit entre cannibals du meme bord(el) , lol.....
14 h 06, le 06 janvier 2014