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Moyen Orient et Monde - Bangladesh

Législatives et violence vont de pair

Des policiers bangladeshis montent la garde devant un bureau de vote vandalisé. À leurs pieds, des urnes détruites et des bulletins déchirés. Photo AFP

Le Bangladesh était le théâtre hier d'une nouvelle flambée de violences à l'occasion de législatives boycottées par l'opposition, qui a appelé à une nouvelle grève de 48 heures. « Nous avons appelé à la grève pour que le gouvernement annule cette farce électorale », a déclaré Sayrul Kabir, porte-parole du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), principale des 21 formations d'opposition.
Des milliers d'opposants à la Première ministre cheikha Hasina Wajed ont incendié ou vandalisé plus de 200 bureaux de vote, et au moins 15 personnes, 22 selon l'opposition, ont trouvé la mort depuis samedi soir. « La situation est très volatile », a déclaré le chef de la police de Bogra, Syed Abu Sayem, selon qui des stocks de bulletins de vote ont été publiquement brûlés. Selon le chef de la police de Parbatipur, dans le Nord, des « milliers » de manifestants munis de « pistolets et de petites bombes » ont attaqué la police qui a dû riposter. La police de la capitale, Dacca, a fait état de deux attaques visant des bureaux de vote.
Pas moins de 50 000 soldats avaient été mobilisés dans la crainte de nouvelles violences au terme d'une campagne délétère. La Première ministre, cheikha Hasina, est assurée d'être reconduite après la décision de la chef de l'opposition, sa rivale historique Khaleda Zia, de boycotter ces législatives qu'elle a qualifiées de « farce scandaleuse », accusant cheikha Hasina de « tuer la démocratie ». Les résultats devraient être connus aujourd'hui. Les États-Unis, le Commonwealth et l'Union européenne se sont vivement préoccupés des risques d'embrasement du pays. Ils ont renoncé à envoyer des observateurs, estimant que les conditions d'un scrutin libre et transparent n'étaient pas réunies.

Hasina vs Khaleda
Les bégums cheikha Hasina et Khaleda Zia étaient des alliées il y a 20 ans pour mettre fin à la dictature, mais leur rivalité actuelle, devenue féroce, place aujourd'hui leur pays au bord de la rupture. Le Bangladesh paie ainsi au prix fort les effets de la crise politique avec sa litanie de grèves et de violences qui nuisent aux exportateurs et sapent la confiance dans ce pays parmi les plus pauvres du monde. Huitième État le plus peuplé avec 154 millions d'habitants, le Bangladesh affiche depuis cinq ans des taux de croissance proches ou supérieurs à 6 % avec un impact immédiat sur l'indice de pauvreté qui a simultanément reculé de deux points de pourcentage (actuellement autour de 31 %).
Le « tigre émergent », selon l'expression de Goldman Sachs, risque de basculer davantage dans la violence, avec toutes les conséquences économiques que cela implique. « Nous voyons déjà un effet négatif sur l'économie (...) qui pourrait causer des pertes irréversibles à long terme », prévient Mustafizur Rahman, directeur du centre de réflexion Centre for Policy Dialogue à Dacca. « Les exportations, l'approvisionnement des agriculteurs en engrais, la distribution de biens et d'articles, le pouvoir d'achat des consommateurs, tout cela est durement touché », détaille-t-il. Les clients étrangers, eux, deviennent frileux, même si, sur l'année, les exportations totales ont crû de plus de 10 %.

(Source : AFP)

Le Bangladesh était le théâtre hier d'une nouvelle flambée de violences à l'occasion de législatives boycottées par l'opposition, qui a appelé à une nouvelle grève de 48 heures. « Nous avons appelé à la grève pour que le gouvernement annule cette farce électorale », a déclaré Sayrul Kabir, porte-parole du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), principale des 21 formations d'opposition.Des milliers d'opposants à la Première ministre cheikha Hasina Wajed ont incendié ou vandalisé plus de 200 bureaux de vote, et au moins 15 personnes, 22 selon l'opposition, ont trouvé la mort depuis samedi soir. « La situation est très volatile », a déclaré le chef de la police de Bogra, Syed Abu Sayem, selon qui des stocks de bulletins de vote ont été publiquement brûlés. Selon le chef de la police de Parbatipur, dans...
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