Le Liban pris au piège ?
L'infernal incendie syrien va t-il traverser nos frontières? C'est la question que nous nous posons, inquiets devant sa gravité et ses retombées sur notre pays. Or la ferme décision de se distancier vis-à-vis de l'ampleur de la guerre civile dans le pays arabe voisin est demeurée lettre morte depuis l'implication des milices du parti de Dieu aux côtés du régime de Bachar el-Assad, ce qui donne l'occasion aux acteurs de cette guerre, soutenus par des extrémistes de tout bord, de régler leurs comptes sur notre territoire en perpétrant des attentats. Dans ce contexte la vigilance de notre armée, épaulée par nos forces de sécurité intérieure, est, elle, suffisante pour exercer un strict contrôle de nos frontières et à contenir l'afflux des réfugiés. Cela, sans parler des menaces israéliennes qui se multiplient ces derniers temps ? Pris au piège de cet imbroglio, notre pays sera bientôt sans défense aucune. Nous n'en serions sûrement pas arrivés à ce stade si un nouveau gouvernement avait été formé, comme cela devait être le cas depuis plus de neuf mois. Et si les réticences de part et d'autre vont persister alors que nos dirigeants ne veulent pas agir pour éviter le pire, notre pays, pris en otage, risquera de frôler l'anarchie. D'ailleurs, c'est dans l'incertitude totale que nous avons fêté notre indépendance.L'unique moyen d'éviter de basculer dans le chaos serait d'obtenir du Conseil de sécurite de l'ONU l'extension du déploiement des soldats de la Finul tout le long de nos frontières (du Nord au Sud), avec le soutien de l'armée, en attendant que la paix soit restaurée en Syrie.
Hilda DADOURIAN
Sur la mauvaise voie
Le parti salafiste al-Nour soutient le projet constitutionnel égyptien. C'est très inquiétant, car une Constitution digne de ce nom devrait normalement déplaire aux purs et durs de l'islam.
Voici la définition donnée au mot « salafisme » dans Le Petit Larousse 2014 : « Courant fondamentaliste de l'islam, qui prône aujourd'hui un retour à la religion pure des anciens en recourant à une lecture littérale des sources. »
L'Égypte n'est manifestement pas sur la bonne voie. Allons-nous devoir regretter le vil régime de Moubarak ?
Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)
La mort d'un autre n'est pas la nôtre
Entre fatalité et fatalisme, les réactions se renouvellent. Entre incrédulité et dégoût, les réactions reviennent. Et nos deux fuites en avant sont là. Un suicide temporel par amnésie. Ce soir je me bourre la gueule, je pleure, je suis déprimé. Je compte sur mon sommeil pour me dire que rien ne s'est passé. Demain ça ira mieux parce qu'après le dégoût de l'explosion, ce sera l'explosion des égouts. Chaque parti essayera de s'approprier les retombées de l'explosion, on arrêtera de les écouter puis d'y penser. Ou alors une mort lente dans le froid de l'exil. Ce soir je plie bagage, je partirai par le premier avion pour une destination où je serai un citoyen modèle, content de me tenir dans la queue, de payer mes impôts et mes taxes, et d'exercer mon droit de vote, quand je l'aurai mérité. Où il fera bon circuler sans la menace permanente d'une fin imminente qui fait qu'on vit nos vies sans lendemain.
Oui ils sont morts, c'est certain. Oui ils sont morts et c'est très triste. Ils sont morts, mais pas nous. Le décès d'un autre est une mort qui nous dit « ton tour viendra, mais ne m'attends pas tout de suite ». Pas d'amnésie, pas d'exil. La solution est simple : une déportation organisée. Celle de nos dirigeants. Une démission immédiate de tous nos responsables irresponsables, la fermeture immédiate des frontières, un budget sécuritaire à la hauteur de notre pays pétoire et de nos frontières passoires. Un tribunal populaire qui jugerait coupables d'incompétence tous nos ministres de l'Intérieur, coupables d'incitation à la haine tous nos ministres de l'Éducation, coupables de dilapidation du patrimoine et de l'espoir du peuple tous ces ministres de l'Électricité, du Transport et de tous ces autres portefeuilles qui n'auront finalement servi qu'à arranger la comptabilité de ces hommes endimanchés. De ceux qui n'ont profité que trop longtemps de notre léthargie. La solution est simple, et je ne l'ai peut-être pas. Mais je me dois de l'exiger. La solution est simple et c'est à nous de la trouver.
Aujourd'hui, avant demain. Tant que leur sang est chaud, tant que la mort nous aura épargnés.
Rabih NASSAR

