Alors que le président français François Hollande et le roi Abdallah d'Arabie soulignaient à Riyad leur convergence de vues sur les crises régionales, le président syrien Bachar el-Assad a appelé hier à lutter contre le wahhabisme, pensée politico-religieuse dominante en Arabie saoudite. C'est dans un contexte d'escalade verbale entre Damas qui combat les rebelles et Riyad qui les soutient que M. Assad aurait affirmé « que l'extrémisme et la pensée wahhabite portaient atteinte à l'islam véritable qui est tolérant », rapporte l'agence officielle SANA. Ses déclarations interviennent au lendemain de propos du roi Abdallah d'Arabie saoudite qui, selon l'entourage du président Hollande, a affirmé que le président syrien avait « détruit son pays » et avait attiré les « extrémistes islamistes » en s'engageant dans une guerre sanglante.
Les 5 000 civils
Pendant ce temps, sur le terrain, le régime syrien a affirmé avoir évacué le week-end dernier plus de 5 000 habitants de Adra, près de Damas, qui étaient selon lui « bloqués » par les rebelles qui combattent l'armée dans cette ville, selon l'agence officielle SANA, qui n'a pas précisé ce qu'elle entendait par « bloqués ». La zone industrielle de Adra, une ville pro-régime située sur l'une des routes principales menant à la capitale Damas, avait été attaquée le 11 décembre par des groupes rebelles et jihadistes et les combats font rage, depuis, entre l'armée et les insurgés. Au moins 32 civils, en majorité des alaouites, ont été tués par les rebelles dans la ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
Cette organisation, l'une des principales sources d'informations des médias internationaux pour la couverture de la guerre en Syrie, a affirmé hier avoir reçu des menaces de mort d'« islamistes extrémistes ». Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, les menaces se sont multipliées après la publication vendredi par l'OSDH d'une information sur la mort de dizaines de rebelles islamistes dans une embuscade de l'armée syrienne près de Damas. Il a par ailleurs indiqué que ces menaces interviennent parallèlement à une « campagne de diffamation systématique contre l'OSDH lancée par des personnes qui se disent des opposants (...) et qui font de la surenchère et tissent des mensonges ».
L'Observatoire a souligné que, tout en continuant à documenter les violations du régime syrien comme il le fait depuis le début de la révolte, il refuse « la falsification des faits de la part de toutes les parties ».
Ses bilans et ses informations sont d'autant plus suivis par les médias internationaux et les chancelleries que les journalistes désertent le terrain, contraints et forcés, du fait des restrictions sur les visas, des snipers et des enlèvements.
(Source : AFP)

