- Les partis pro-Assad dits « nationaux » (8 Mars) : « Nous rejetons catégoriquement la formation d'un cabinet de fait accompli. Cela serait, de la part des forces du 14 Février, une persistance à vouloir entraîner le pays sur une pente dangereuse. Il faut sans plus tarder former un cabinet d'union nationale pour faire face aux défis énormes auxquels les Libanais font face à tous les niveaux, ainsi que pour entretenir les richesses gazières et pétrolières du Liban dans ses eaux régionales, surtout avec la tendance israélienne dangereuse à tracer la frontière maritime de manière unilatérale (...). Cela nécessite de la part du cabinet chargé de l'expédition des affaires courantes de mettre fin à sa démission eu égard à ses obligations afin de préserver ces droits et d'œuvrer rapidement pour les protéger, en tenant une réunion urgente du Conseil des ministres pour adopter les décrets relatifs aux appels d'offres des sociétés souhaitant investir dans le secteur du pétrole et du gaz. Continuer à négliger cela, c'est abandonner ses responsabilités nationales et gaspiller les fortunes nationales, ce qui équivaut à une haute trahison. Il est également nécessaire de respecter la Constitution et de tenir l'échéance présidentielle à la date constitutionnelle prévue. Nous rejetons catégoriquement toute prorogation ou tout renouvellement de mandat. La patrie a besoin de sang neuf, à même de trouver des solutions positives afin de sortir le Liban de sa crise actuelle. »
- Élie Marouni (député de Zahlé, Kataëb) : « Accepter les conditions posées par le 8 Mars, et plus précisément par le Hezbollah, conduira le pays au chaos et à la destruction. Il convient de rester attachés à un cabinet légal consensuel à même d'édifier les institutions. Ainsi, les dégâts seront bien moindres que si nous entérinons les options du Hezbollah et de son camp. L'on ne peut abdiquer aujourd'hui après tout le sang versé par les martyrs pour que la patrie demeure. »
- Nehmetallah Abinasr (député du Kesrouan, bloc du Changement et de la Réforme) : « Un gouvernement national regroupant toutes les parties au conflit doit être formé parce qu'il faut qu'une unanimité remplisse le vide dans le pays. Le cabinet sera formé avant la fin du mandat présidentiel. La présidentielle est une échéance constitutionnelle, et le président doit s'assurer qu'elle se produira. Il faut s'entendre sur le nouveau président, quel qu'il soit, afin qu'il puisse être à la mesure des aspirations du peuple libanais. »
- Sélim Salhab (député du Metn, bloc du Changement et de la Réforme) : « Il faut parvenir à une entente sur un gouvernement rassembleur. Mais je n'ai aucun signe prouvant que nous pouvons aboutir à un tel gouvernement. Si un cabinet est formé après le Nouvel An sans consensus, les réactions se produiront dans le cadre du jeu démocratique. Tout le monde œuvre pour ne pas rajouter à l'instabilité sécuritaire. »
- Ziad Assouad (député de Jezzine, bloc du Changement et de la Réforme) : « Les Libanais doivent s'entendre sur le fait que le dossier de l'échéance présidentielle soit totalement libanais, c'est-à-dire insoumis aux tiraillements et aux pressions de l'étranger. Ils doivent également se retrouver autour d'un cabinet qui sauverait le pays. Tel est le véritable fait accompli. Tout autre fait accompli serait l'équivalent d'un choc. »
- Farid Élias el-Khazen (député du Kesrouan, bloc du Changement et de la Réforme) : « Il faut qu'un cabinet facilitant la sortie de crise et de nature politique soit formé, et non un cabinet inodore, incolore et insipide. En temps de grande crise, un cabinet regroupant toutes les parties est nécessaire, c'est-à-dire un cabinet formé de toutes les parties politiques et communautaires, afin de protéger le pays et de gérer les affaires des citoyens. Le cabinet chargé de l'expédition des affaires courantes ne fait pas son travail. Il nous faut un cabinet capable de prendre des décisions. Un cabinet neutre ne peut pas prendre de décisions et pourrait ne pas obtenir la confiance. Par ailleurs, il y a une possibilité que l'échéance présidentielle ait lieu. La possibilité d'assurer la tenue de l'élection présidentielle, même dans le dernier quart d'heure, reste plus importante que celle de basculer dans le vide ou la prorogation, et ce en dépit des complications actuelles ou des obstacles dus aux tiraillements politiques. Il est nécessaire d'élire un président jouissant d'un soutien politique et capable de prendre des décisions, donc un président fort. »
- Kassem Hachem (député de Marjeyoun, parti Baas) : « D'un point de vue constitutionnel, le cabinet n'est pas démissionnaire puisque le décret de démission n'a pas été publié. Ce gouvernement doit encore remplir certaines obligations. Plusieurs dossiers nécessitent que le cabinet soit dynamisé, comme le dossier sécuritaire et l'agression israélienne contre la souveraineté libanaise au plan maritime. (...) La seule option est de parvenir à l'échéance présidentielle dans ses délais constitutionnels, loin de l'idée de la prorogation ou autre. »
- Rami Rayès (responsable de l'information au Parti socialiste progressiste) : « Le cabinet n'a pas jusqu'à présent été formé en raison de l'entêtement des deux camps et de leur manque de volonté à effectuer des démarches positives. Mais, au bout du compte, il faudra bien arriver quelque part. Le président de la République ne veut pas de prorogation de son mandat. Il y a suffisamment de temps pour parler de l'échéance présidentielle. Qu'est-ce qui empêche un consensus sur une personnalité déterminée, qui serait acceptée par toutes les parties ? La formation du cabinet faciliterait peut-être l'élection présidentielle. »
- Massoud Achkar : « Avec la fin de l'année, il est nécessaire de faire une sorte d'examen de conscience afin que l'an prochain ne reproduise pas la même négativité qui a accompagné cette année et afin que l'on puisse en tirer certaines leçons. À la veille de Noël, les Libanais souhaitent que (...) les responsables de la gestion des affaires des citoyens puissent s'éloigner des petites mesquineries et que leur pensée soit à la mesure des défis qui guettent le pays. Les Libanais aspirent tous à une loi électorale qui garantirait la parité et le partenariat, et ouvrirait la voie à une représentation différente des fractions de la société libanaise. Le nouveau Parlement comprendrait des personnes qui traduiraient les aspirations des Libanais. (...) Tomber dans le vide institutionnel, c'est achever le Liban. C'est pourquoi il est nécessaire de former un cabinet d'union nationale et de tenir l'échéance présidentielle dans ses délais pour assurer l'élection d'un président fort. »


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