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Économie - Finance

Chine : coup de fièvre du marché interbancaire, la PBOC à la manœuvre

La Banque centrale chinoise a annoncé avoir procédé à des injections de liquidités dans le système financier, cherchant à apaiser un nouveau coup de fièvre du marché interbancaire, sur lequel les tensions persistaient hier.

En juin, l’intransigeance de Pékin, qui souhaitait endiguer la spéculation et assainir un secteur financier miné par les créances douteuses, avait provoqué un assèchement des liquidités disponibles et une flambée des taux interbancaires.

La Banque populaire de Chine (PBOC) a indiqué jeudi soir, peu avant la clôture des marchés, qu'elle avait « réalisé des opérations à court terme (ou SLO) » pour « offrir de façon appropriée des liquidités aux marchés », sans mentionner de montant.
De façon inhabituelle, cette annonce a été communiquée via un message sur son compte officiel du réseau social Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, et ne figurait toujours pas hier sur le site Internet de l'institution.
Selon les analystes, la PBOC s'est résolue à agir dans l'urgence, face à une flambée des taux interbancaires qui a ravivé cette semaine le souvenir de la grave pénurie de liquidités survenue en juin dernier dans le pays.
À l'origine de la récente montée de fièvre, un énième coup de vis de la banque centrale : soucieuse d'enrayer l'accroissement persistant du crédit et jugeant suffisante la liquidité disponible, la PBOC a suspendu depuis début décembre ses opérations de marchés régulières visant à injecter de nouvelles liquidités.
Mais ce resserrement a exacerbé la nervosité des établissements bancaires, au moment même où ces derniers s'efforcent de renforcer leurs fonds propres pour satisfaire d'ici à la fin de l'année à leurs obligations réglementaires.
Résultat : les taux interbancaires – auxquels les établissements financiers se prêtent quotidiennement de l'argent entre eux – se sont subitement renchéris ces derniers jours, les banques rechignant à céder des liquidités dans un tel environnement.
« Les banques s'attendaient à ce que la PBOC reprenne ses opérations régulières d'injections de liquidités jeudi matin, ce qu'elle n'a pas fait. En conséquence, il y a une sorte de mouvement de panique », a expliqué Lu Ting, analyste de Bank of American Merrill Lynch. « Même les plus gros établissements, qui sont d'habitude des prêteurs (sur ce marché interbancaire), ont décidé soit de garder leurs coffres fermés, soit ont cherché eux-mêmes à emprunter. Il y a même eu des bruits sur le fait qu'une banque avait échoué à en rembourser une autre mercredi », a-t-il poursuivi.
Référence du marché, le taux de refinancement à sept jours a bondi jusqu'à 9,8 % jeudi après-midi, un sommet depuis la crise de juin – avant de terminer à 7,06 %, un net bond par rapport à la clôture de la veille (à 6,30 %).
Les annonces de la PBOC n'ont pas rassuré les opérateurs : ce taux interbancaire a ainsi grimpé de plus belle hier, s'établissant à 7,75 %, selon l'agence Dow Jones Newswires. Dans le même temps, la Bourse de Shanghai a fortement trébuché : elle a cédé 2 % hier, finissant à son plus bas niveau depuis quatre mois. « Si nécessaire, (la Banque centrale) continuera d'offrir un soutien en termes de liquidités aux établissements financiers qualifiés », a cependant assuré la PBOC dans son message.
L'intervention de la Banque centrale jeudi, « nécessaire et opportune », ne suffira pas à elle seule à dissiper la nervosité des marchés, ont commenté Liu Li-Gang et Zhou Hao, analystes de la banque australo-néo-
zélandaise ANZ. « La PBOC devra faire preuve de flexibilité pour répondre aux besoins de liquidités croissants à l'approche de la fin de l'année », ont-ils averti dans une note.
La Banque centrale ne devrait pas rouvrir pour autant les vannes aux liquidités, estiment les experts, car elle reste désireuse de continuer à restreindre le vif envol du volume des crédits bancaires – alimenté notamment par la libéralisation en juillet des taux d'emprunt accordés par les banques à leurs clients.
Mais l'institution devrait rester sur le qui-vive : « La PBOC a tiré les leçons de ce qui s'est passé en juin, elle va sûrement éviter de jouer encore une fois avec le feu », a tempéré Lu Ting.
En juin, l'intransigeance de Pékin, qui souhaitait endiguer la spéculation et assainir un secteur financier miné par les créances douteuses, avait provoqué un assèchement des liquidités disponibles et une flambée des taux interbancaires.
Alors que celle-ci mettait en péril la capacité des banques à se financer et à accorder des prêts – menaçant de ce fait l'activité économique–, la Banque centrale avait finalement cédé et accepté « d'ajuster le niveau global des liquidités ».
© AFP

La Banque populaire de Chine (PBOC) a indiqué jeudi soir, peu avant la clôture des marchés, qu'elle avait « réalisé des opérations à court terme (ou SLO) » pour « offrir de façon appropriée des liquidités aux marchés », sans mentionner de montant.De façon inhabituelle, cette annonce a été communiquée via un message sur son compte officiel du réseau social Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, et ne figurait toujours pas hier sur le site Internet de l'institution.Selon les analystes, la PBOC s'est résolue à agir dans l'urgence, face à une flambée des taux interbancaires qui a ravivé cette semaine le souvenir de la grave pénurie de liquidités survenue en juin dernier dans le pays.À l'origine de la récente montée de fièvre, un énième coup de vis de la banque centrale : soucieuse d'enrayer...
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