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Nouveau revers pour l'armée rebelle en Syrie après la suspension d'aide anglo-américaine

L'Armée syrienne libre (ASL), en perte de vitesse face aux islamistes et jihadistes, a subi un nouveau revers après la suspension par Washington et Londres de leurs aides non létales, alors qu'un rapport de l'ONU affirme jeudi que des armes chimiques ont été utilisées à cinq reprises dans le pays.

Selon le rapport final des inspecteurs des Nations unies transmis au secrétaire général Ban ki-moon, des armes chimiques ont été utilisées de manière probable ou certaine, à cinq reprises dans le conflit syrien. Mais le rapport ne désigne pas les responsables de ces attaques, car les inspecteurs n'étaient pas mandatés pour le faire.

Le texte cite des "preuves" ou des "informations crédibles" tendant à prouver l'utilisation des armes chimiques dans la Ghouta près de Damas, à Khan al-Assal (près d'Alep, nord), à Jobar, à Saraqeb (nord-ouest) et à Achrafié Sahnaya. Les indices ne sont pas jugés concluants à Bahhriyé ni à Cheikh Maqsoud, un faubourg d'Alep.

Entre mercredi et jeudi, au moins 15 civils, en majorité des alaouites, la confession à laquelle appartient le président Bachar al-Assad, ont été tués dans une attaque rebelle à Adra, dans la province de Damas, a indiqué une ONG syrienne.

Cet affaiblissement de la rébellion intervient au moment où les préparatifs vont bon train pour réunir régime et opposition autour d'une même table en janvier lors d'une conférence de paix internationale censée trouver une issue à plus de deux ans et demi de conflit qui a fait plus de 126.000 morts.

Des diplomates ont affirmé à l'AFP que la conférence, prévue initialement à Genève, se tiendrait finalement à Montreux, sur le lac Léman.

L'annonce par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de la suspension de leur aide non létale à la rébellion est survenue après que des combattants islamistes se sont emparés d'un passage clé à la frontière turque, des sièges de l'ASL ainsi que de ses dépôts d'armes.

Les tensions sont montées entre le Front islamique, créé en novembre par la fusion de sept groupes islamistes, et l'ASL, la coalition rebelle chapeautée par l'opposition en exil, bien que les deux camps luttent pour la chute du régime.

Début décembre, le Front islamique avait annoncé quitter l'état-major de l'ASL, accentuant encore plus le morcellement de la rébellion.

"L'ASL a perdu d'importants groupes et de combattants avec la création du Front islamique", note Aron Lund, un expert sur la rébellion syrienne basé en Suède.

Depuis que la révolte contre le régime, au départ pacifique, s'est militarisée face à une féroce répression, déserteurs et civils ayant pris les armes se sont regroupés sous l'ombrelle de l'ASL avant que des groupes, notamment islamistes, ne commencent progressivement à agir de manière indépendante.

Montée en puissance des jihadistes

La donne s'est compliquée davantage avec la montée en puissance de groupes jihadistes qui, tout en combattant également le régime, se sont engagés dans des luttes et règlements de compte avec les autres groupes rebelles.

C'est justement par crainte de ces groupes jihadistes que les pays occidentaux ont refusé de fournir des armes aux rebelles, de peur qu'elles ne tombent aux mains des extrémistes.

A l'été, les Américains avaient annulé une frappe contre le régime accusé d'avoir mené une attaque chimique près de Damas ayant fait des centaines de morts, au grand dam des rebelles qui espéraient un changement dans l'équilibre de forces.

Depuis, les insurgés ont subi revers après revers, l'armée reprenant un grand nombre de leurs bastions notamment autour de la capitale.

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a affirmé jeudi que les récents revers de l'ASL constituaient un "gros problème" et assuré que les Etats-Unis continueraient de soutenir ce groupe.

Il a indiqué que Washington avait décidé de suspendre ses livraisons d'aide non létale le temps d'évaluer quels étaient les groupes qui ont la maîtrise des dépôts d'armes et des points de passage à la frontière turque.

Au nord-est de Damas, des rebelles ont attaqué mercredi la ville multiconfessionnelle d'Adra faisant quinze morts ce jour-là et jeudi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au moins cinq alaouites, parmi ces victimes, ont été tués lorsque des rebelles ont attaqué la boulangerie où ils travaillaient, s'engageant dans des combats contre les Forces de défense nationale (milice pro-régime) qui protégeaient le lieu, a indiqué cette ONG qui se base sur un large réseau de militants et de sources médicales.

Des habitants ont affirmé à l'AFP que les 10 autres civils tués l'avaient été car ils collaboraient avec le régime.

Treize organisations de presse, dont l'AFP, ont par ailleurs appelé les chefs de la rébellion à laisser travailler les journalistes librement dans les zones tenues par les insurgés sans crainte d'être enlevés.
L'Armée syrienne libre (ASL), en perte de vitesse face aux islamistes et jihadistes, a subi un nouveau revers après la suspension par Washington et Londres de leurs aides non létales, alors qu'un rapport de l'ONU affirme jeudi que des armes chimiques ont été utilisées à cinq reprises dans le pays.Selon le rapport final des inspecteurs des Nations unies transmis au secrétaire général Ban ki-moon, des armes chimiques ont été utilisées de manière probable ou certaine, à cinq reprises dans le conflit syrien. Mais le rapport ne désigne pas les responsables de ces attaques, car les inspecteurs n'étaient pas mandatés pour le faire.Le texte cite des "preuves" ou des "informations crédibles" tendant à prouver l'utilisation des armes chimiques dans la Ghouta près de Damas, à Khan al-Assal (près d'Alep, nord), à Jobar, à...