Les dirigeants africains l'ont encensé après sa mort, mais bien peu ont suivi son exemple : élu en 1994, Nelson Mandela avait choisi de présider l'Afrique du Sud pendant cinq ans seulement pour la placer sur la voie de la démocratie. En rendant hommage mardi au héros de la lutte antiapartheid devant un parterre de chefs d'État, dont certains au pouvoir depuis plus de 20 ans, le président américain Barack Obama a jeté un pavé dans la mare : « Il y a trop de dirigeants qui se disent solidaires du combat de Nelson Mandela pour la liberté, mais ne tolèrent pas d'opposition de leur propre peuple. » « C'est un exemple très peu suivi, surtout en Afrique », estimait le Camerounais Achille Mbembe, théoricien du postcolonialisme et professeur d'histoire et de développement à l'université de Witwatersrand à Johannesburg, au lendemain de la mort de Mandela. Selon lui, Mandela « aura montré, effectivement, qu'il n'est de pouvoir qu'en tant que service à une communauté, service qui présuppose un certain degré d'abnégation et d'engagement au service des autres, qui ne peut être que temporaire ».
Moyen Orient et Monde
Une exception sur le continent africain
OLJ / le 13 décembre 2013 à 00h00


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