Qui diable a recruté l'interprète en langue des signes de l'hommage à Mandela ? La question était dans tous les esprits hier en Afrique du Sud, partagée entre pitié, rire et indignation après que son charabia gestuel eut fait le tour du monde. L'homme, qui a pu se tenir à côté des plus puissants dirigeants du globe et de la famille Mandela dont il ponctuait les discours de mouvements inarticulés des mains, « n'est pas un interprète professionnel », a admis la vice-ministre aux Personnes handicapées, Hendrietta Bogopane-Zulu. « Mais on ne l'a pas ramassé dans la rue », s'est-elle défendue, admettant « la possibilité d'une erreur à partir du moment où les autres gens n'ont pas compris l'interprète » et affirmant que le gouvernement aurait été « floué » par l'entreprise de l'interprète. « Ils ont disparu dans la nature », a-t-elle dit. De son côté, c'est avec des accents d'homme traqué que Thamsanqa Jantjie, le malheureux interprète, tentait de se défendre, pourchassé par les médias alors que la communauté des sourds criait à « l'imposteur ».
Moyen Orient et Monde
« L’imposture » de la traduction en langue des signes
OLJ / le 13 décembre 2013 à 00h00

