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Économie - Consommation

L’Égypte, une belle fenêtre d’export pour le blé français cet hiver

L’Égypte a nettement augmenté ses prévisions d’achat de blé cette année, à 9,7 millions de tonnes, contre 8,2 l’an dernier, selon le Conseil international des céréales (CIC).

La France compte profiter d'une belle fenêtre de tir hivernale pour ses exportations de blé, grâce aux achats de l'Égypte, qui se tourne vers elle pour satisfaire une demande en hausse, et après des déboires avec la Roumanie.
FranceAgriMer a relevé mercredi ses perspectives d'exportation de blé vers les pays tiers (hors Union européenne) : l'organisme statistique mise désormais sur un objectif de 11,8 millions de tonnes contre les 11,2 prévues le mois dernier.
« Et encore, cette estimation est plus prudente que celle des opérateurs qui sont plutôt à 12 millions de tonnes et au-delà », souligne Olivia Le Lamer, chef de l'unité grandes cultures de FranceAgriMer. Il s'agit d'un record à cette date, « plus de deux fois supérieur à celui de la campagne 2012/2013 » (3,8 millions), insiste l'organisme.
La production française de blé tendre est évaluée cette année à 36,8 millions de tonnes, en hausse de 3,5 % sur un an. Et la campagne a fort bien démarré pour les exportateurs : au 1er décembre, les embarquements de blé atteignaient 3,9 millions de tonnes puis 4,2 millions le 5. Pour la première fois depuis douze ans, le blé hexagonal a renoué cet été avec l'Arabie saoudite et même la Chine (220 000 tonnes) malgré la distance.
Mais l'optimisme de Mme Le Lamer pour l'hiver se fonde surtout sur la demande égyptienne. L'Égypte a nettement augmenté ses prévisions d'achat de blé cette année, à 9,7 millions de tonnes contre 8,2 l'an dernier, selon le Conseil international des céréales (CIC).
Elle se fournit prioritairement auprès des riverains de la mer Noire, Roumanie en tête, mais les Français ont réalisé une première vente de 180 000 tonnes de blé mi-novembre, suivie d'un second chargement de 60 000 tonnes fin novembre. « L'Égypte, c'est parti, et nous n'en sommes qu'au début », estime l'experte en expliquant que de nombreuses propositions françaises ont répondu aux derniers appels d'offres du GASC, l'organisme officiel égyptien responsable des achats de céréales.

L'Australie pas encore là
Jusqu'à la mi-novembre, le GASC avait acheté exclusivement son blé en provenance du pourtour de la mer Noire, mais, d'une part, l'offre commence à se tarir en Ukraine et en Russie, d'une autre, la Roumanie s'est fait récemment prendre la main dans un sac pas très clair : Le Caire a annulé le 4 décembre un achat de 60 000 tonnes contracté et refusé le bateau roumain pour « papiers non conformes ». L'affaire, qui a beaucoup agité les opérateurs, aurait pu cacher un blé bulgare, qui permettrait à la Roumanie d'honorer ses commandes, selon l'opérateur ukrainien UkrAgroConsult, cité par FranceAgriMer. Or, l'origine bulgare n'a pas encore été approuvée par le GASC.
Dans ce contexte, la France entend tirer son épingle du jeu mais doit faire vite pour profiter d'un contexte international particulièrement favorable en janvier-février faute de concurrence – une « fenêtre de tir privilégiée », insiste Olivia Le Lamer. « L'Australie n'est pas encore là, le Canada – qui vient de revoir à la hausse une production de blé record à 37,5 millions de tonnes contre 33 millions estimés précédemment – sera empêtré dans des difficultés logistiques » dues à l'hiver et à l'abondance, énumère Rémi Haquin, président du conseil de filière Céréales de FranceAgriMer, qui écarte également la concurrence russe et ukrainienne.
Et s'il faut faire vite pour embarquer quelque 2 millions de tonnes de blé depuis les ports français, la logistique devrait suivre, estime M. Haquin. « Ils ont su le faire lors de la campagne 2010-2011 quand 12,9 millions de tonnes avaient été exportées », en profitant d'un embargo russe sur les exportations de blé.
À ce stade, le contrat roumain n'a pas encore été compensé, et nul ne sait ce qu'il adviendra, selon les spécialistes, mais l'Égypte a lancé de nouveaux appels pour des livraisons entre le 10 et le 20 janvier 2014. Toutefois, Olivia Le Lamer lance encore une mise en garde aux opérateurs intéressés : « Attention aux prix qui grimpent et à ne pas tarir un débouché qui émerge. »

(Source : AFP)

La France compte profiter d'une belle fenêtre de tir hivernale pour ses exportations de blé, grâce aux achats de l'Égypte, qui se tourne vers elle pour satisfaire une demande en hausse, et après des déboires avec la Roumanie.FranceAgriMer a relevé mercredi ses perspectives d'exportation de blé vers les pays tiers (hors Union européenne) : l'organisme statistique mise désormais sur un objectif de 11,8 millions de tonnes contre les 11,2 prévues le mois dernier.« Et encore, cette estimation est plus prudente que celle des opérateurs qui sont plutôt à 12 millions de tonnes et au-delà », souligne Olivia Le Lamer, chef de l'unité grandes cultures de FranceAgriMer. Il s'agit d'un record à cette date, « plus de deux fois supérieur à celui de la campagne 2012/2013 » (3,8 millions), insiste l'organisme.La production...
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