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À La Une - La Femme De La Semaine

Mary Barra, la passionnée d'auto qui a brisé le plafond de verre

L'ingénieure est la première femme à la tête de General Motors.

Mary Barra, un pur produit General Motors. REUTERS/John F. Martin/General Motors/Handout

Dans un peu plus d'un mois, elle sera la première femme à diriger General Motors, le numéro un américain de l'automobile et, plus généralement, un grand nom du secteur dans le monde. Elle, c'est Mary Barra qui a su briser le plafond de verre d'un milieu jadis ultra-masculin.

Dan Akerson, actuel PDG qui lui cèdera les rênes de GM le 15 janvier, avait récemment jugé "inévitable" qu'une femme devienne directrice générale de l'un des trois constructeurs de Detroit, le berceau de l'automobile américaine. Il avait tôt fait de repérer Mary Barra et peu après son accession au poste de PDG en 2011, il lui avait confié la responsabilité du développement de produits, le nerf de la guerre chez GM.
"Elle est l'un des dirigeants les plus talentueux que j'ai rencontrés dans ma carrière", a affirmé M. Akerson en annonçant sa nomination. Il a ajouté que la voir lui succéder lui évoquait une émotion comparable à voir "sa fille obtenir son diplôme de l'université".

Mary Barra est un pur produit GM. Elle a attrapé la passion des voitures auprès d'un père qui a travaillé pendant 39 ans comme ouvrier chez Pontiac, une ancienne marque du groupe General Motors abandonnée pendant la restructuration du groupe fin 2009 - début 2010.
Elle a fait ses premiers pas chez GM lors d'un stage alors qu'elle avait à peine 18 ans, pour financer ses études d'ingénieur à l'Université Kettering, anciennement connue sous le nom de GM Institute, où elle a rencontré celui qui est son mari depuis 26 ans, Tony Barra. Le couple a deux enfants.
Après un MBA de gestion de l'Université de Stanford, elle entre définitivement en 1980 chez GM où elle occupe toutes les fonctions possibles: travail en usine comme ingénieur électrique, direction d'une usine ou encore direction des ressources humaines au moment de la restructuration post-faillite en 2009.

 

Le CV idéal
"Elle est capable d'impliquer et de motiver ses équipes, elle a travaillé depuis deux ans au lancement de beaucoup de produits en ligne avec les attentes des clients en termes de qualité, coût de consommation de carburant, notamment la Corvette Stingray 2014 ou la Cadillac ATS", a commenté Stephanie Brinley, analyste au centre de recherche IHS Global Insight.

Pour Karl Brauer, du cabinet de conseil KBB, "elle avait une telle expérience et avait réussi dans tellement de domaines, de l'ingénierie au contrôle de coûts, à faire aboutir les choses à l'heure dite", qu'elle avait le CV idéal.

L'an dernier, le magazine Forbes l'a classée au 35ème rang des femmes les plus puissantes du monde.
Brune auburn aux cheveux longs et au large sourire, habillée de tailleurs pantalons sobres et élégants, elle s'exprime avec assurance. Lors d'une allocution au siège de GM devant un parterre d'employés, elle a déclaré il y a quelques jours qu'elle s'engageait à "continuer le travail" commencé par M. Akerson.

 

Un secteur "moins sexiste qu'avant"
Pour Mme Brinley, la principale tâche de Mme Barra est en effet de poursuivre "les progrès" réalisés sous l'égide de Dan Akerson, qui a supervisé le retour aux bénéfice et en Bourse du groupe, même si les activités en Europe restent largement déficitaires. "Il faut 10 à 15 ans pour changer une culture d'entreprise", a remarqué Mme Brinley.

Pour cette analyste, la promotion de Mme Barra est le signe que "le secteur de l'automobile est moins sexiste qu'avant". Les numéro deux et trois américains de l'automobile, Ford et Chrysler, comptent aussi des femmes à leur conseil d'administration et parmi leurs hauts dirigeants.

Mme Barra pourrait toutefois rester la seule femme à la tête d'un grand constructeur automobile alors que Mark Fields, directeur d'exploitation, semble désigné pour succéder à Alan Mulally chez Ford, et que Sergio Marchionne, patron de Fiat et Chrysler, ne prévoit pas de partir avant 2015.

"Ne parlons même pas de l'Europe et de l'Asie", conclut Michelle Krebs, analyste chez Edmunds.com, pour qui l'exemple de Mme Barra pourrait toutefois inciter d'autres femmes à se lancer dans des carrières techniques ou scientifiques.

 

Pour mémoire
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