Le pape, hier, envoyant un baiser aux fidèles venus assister à son audience générale. Vincenzo Pinto/AFP
Le pape François a été élu hier « personne de l'année » 2013 par le magazine américain Time, pour avoir changé « le ton, la perception et l'approche » de l'Église catholique. « Il est rare qu'un nouvel acteur de la scène mondiale suscite autant d'attention si rapidement, que ce soit parmi les jeunes ou les plus âgés, parmi les croyants ou les sceptiques », a expliqué la rédactrice en chef de Time, Nancy Gibbs, en présentant le gagnant sur la chaîne américaine NBC. « En neuf mois, il a su se placer au centre des discussions essentielles de notre époque : la richesse et la pauvreté, l'équité et la justice, la transparence, la modernité, la mondialisation, le rôle de la femme, la nature du mariage, les tentations du pouvoir », a énuméré Mme Gibbs. « Pour avoir tiré la papauté hors de son palais afin de l'emmener dans la rue, pour avoir poussé la plus grande Église au monde à faire face à ses besoins les plus profonds, et pour avoir fait le juste équilibre entre jugement et compassion, le pape François est la personne de l'année 2013 de Time », a encore souligné Mme Gibbs.
Le Vatican s'est réjoui de cette nomination. « C'est un signe positif que l'une des récompenses les plus prestigieuses des médias internationaux revienne à une personne qui prêche des valeurs spirituelles, religieuses et morales dans le monde et prône véritablement la paix et la justice », a déclaré le porte-parole du plus petit État au monde, le père Federico Lombardi. « Si cela peut donner de l'espoir aux hommes et aux femmes, alors le pape est heureux », a-t-il assuré.
Arrivé le 13 mars à la tête d'une Église catholique en pleine crise, l'Argentin de 76 ans, successeur de Benoît XVI, est le premier non-Européen à avoir pris cette fonction suprême en quelque 1 300 ans. Avec son style modeste et proche des gens, il a fait souffler un air de changement sur l'Église catholique forte de 1,2 milliard de fidèles.
Snowden 2e, Assad à la 4e place
Le deuxième au classement est Edward Snowden, l'ancien consultant de la NSA. Time publie d'ailleurs une interview exclusive avec M. Snowden réalisée par e-mail. À la troisième place, on retrouve la militante américaine Edith Windsor, la veuve octogénaire à l'origine de la décision de la Cour suprême des États-Unis en juin de donner aux couples homosexuels les mêmes droits au niveau fédéral que les couples hétérosexuels. Elle est suivie par le président syrien Bachar el-Assad, qui a su montrer « qu'une cruauté absolue et continue, combinée à une intelligence géostratégique, est le meilleur moyen de rester au pouvoir au Moyen-Orient », selon Time.
La désignation de la « personne de l'année » est une vieille tradition du magazine remontant à 1927. La personne élue cette année-là avait été l'aviateur Charles Lindbergh pour son vol
transatlantique historique.
(Source : AFP)

