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Moyen Orient et Monde - Reportage

Le vélo en vogue à Damas

Les deux roues permettent d'éviter les embouteillages et d'économiser du carburant.

Conduire dans les rues de Damas est un véritable cauchemar. La bicyclette est une alternative peu coûteuse et pratique. Louaï Beshara/AFP

« Les ventes de vélos explosent », affirme avec un grand sourire Ali Joumaa, la quarantaine, devant sa boutique dans le centre de Damas. Dans la capitale, le vélo séduit de plus en plus les jeunes qui pensent avoir trouvé ainsi la parade aux embouteillages monstres provoqués par les centaines de points de contrôle militaires.


Pour Ali Joumaa, c'est une aubaine et un sourire illumine son visage contrairement aux autres commerçants qui font grise mine car les affaires sont en plein marasme. En effet, en Syrie, les prix connaissent une hausse vertigineuse et l'inflation a atteint plus de 68 %. Les passants ne peuvent pas rater la boutique de Ali où sont alignés des vélos de toutes les couleurs. Son magasin comprend en plus un atelier de réparation. « Nous avons des clients inhabituels », dit-il en réparant un vélo devant sa boutique de la rue Khaled ben al-Walid, « des jeunes femmes, dont des professeurs d'université, l'utilisent comme moyen de transport », fait nouveau dans un pays plutôt conservateur.


Depuis plusieurs mois, conduire dans les rues de Damas est un véritable cauchemar, à cause de la multiplication des points de contrôle inspectant tous les véhicules. De plus, les autorités ont fermé plus de la moitié des rues de la capitale, provoquant de gigantesques embouteillages qui bloquent les Damascènes durant des heures. Ces points militaires installés à tous les carrefours font partie des mesures de sécurité visant à limiter l'entrée d'armes et de voitures piégées dans la capitale. C'est ce qui a incité les jeunes à acheter leur propre bicyclette, alors qu'auparavant, ce moyen de transport était l'apanage des livreurs et des distributeurs de journaux.

 

Made in China
Mohammad Sabbagh, étudiant en ingénierie, est ravi. « En vingt minutes, je suis à l'université, alors qu'avant il me fallait une à deux heures selon les encombrements », explique-t-il en garant sa bicyclette. « Je suis maître de mon temps et, en plus, cela m'évite d'attendre longtemps le bus », sourit-il. Un autre étudiant, Manar Masri, dit avoir adopté le deux roues après avoir lu une page Facebook intitulée « Il nous faut un vélo ». « C'est fantastique tous ces gens et surtout ces jeunes filles qui veulent faire du vélo », remarque-t-il. Même des religieux s'y sont mis. Ainsi cheikh Mohammad Ali Mallah, de la mosquée Lala Bacha à Damas, assure sur sa page Facebook que « pour circuler dans les rues de Damas, il ne nous reste plus que le vélo ». « Quand pendant que tu es bloqué à un barrage, tu vois passer devant toi 32 bicyclettes, tu te dis qu'il te faut absolument un vélo », a écrit un des participants à la campagne sur Internet. « La vie est trop courte pour qu'on la passe dans un autobus », ironise un autre.


Un vélo coûte environ 400 livres syriennes (30 dollars) et la plupart des bicyclettes sont importées de Chine.
D'autres y ont vu un moyen d'économiser du carburant, devenu une denrée rare en raison des combats qui font rage dans plusieurs régions du pays. Fadia, employée, pense acheter un vélo : « Ce serait une solution idéale. Une grande partie de mon salaire passe en essence », dont le prix a presque doublé depuis deux ans. « Il faut briser les tabous chez les femmes qui se sentent gênées de rouler à bicyclette (...) même si cela paraît inhabituel dans notre société conservatrice », dit la page Facebook du forum. « S'habiller correctement éviterait les tracasseries aux filles », écrivent des organisateurs de la campagne. Mais cette pratique n'a pas l'approbation de tous. « On aura tout vu », maugrée un marchand ambulant en regardant passer une jeune fille à bicyclette dans le quartier commerçant de Chaalane.

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« Les ventes de vélos explosent », affirme avec un grand sourire Ali Joumaa, la quarantaine, devant sa boutique dans le centre de Damas. Dans la capitale, le vélo séduit de plus en plus les jeunes qui pensent avoir trouvé ainsi la parade aux embouteillages monstres provoqués par les centaines de points de contrôle militaires.
Pour Ali Joumaa, c'est une aubaine et un sourire illumine son visage contrairement aux autres commerçants qui font grise mine car les affaires sont en plein marasme. En effet, en Syrie, les prix connaissent une hausse vertigineuse et l'inflation a atteint plus de 68 %. Les passants ne peuvent pas rater la boutique de Ali où sont alignés des vélos de toutes les couleurs. Son magasin comprend en plus un atelier de réparation. « Nous avons des clients inhabituels », dit-il en réparant un vélo...
commentaires (2)

LÉGITIME RETOUR DE BÂTON éhhh LIBANAIS.... Khâïïïy !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

16 h 44, le 05 décembre 2013

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Commentaires (2)

  • LÉGITIME RETOUR DE BÂTON éhhh LIBANAIS.... Khâïïïy !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    16 h 44, le 05 décembre 2013

  • A la guerre comme à la guerre. Hier les ânes pour transporter les marchandises aux frontières ,aujourd' hui les vélos pour pouvoir tout économiser.

    Sabbagha Antoine

    14 h 07, le 05 décembre 2013

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