La publication du chiffre de l'inflation en zone euro en octobre fut la surprise du mois écoulé, avec une baisse de 0,4 points à +0,7 % sur un an. Le débat sur la déflation en Europe a refait les unes des journaux, le spectre du Japon a été sorti du placard et la BCE en a profité pour baisser ses taux directeurs. Toutefois, il faut rappeler que sur les 1,8 points de repli de l'inflation en un an, 0,8 point viennent de la baisse des prix de l'énergie. Pour une zone importatrice nette d'énergie, ce genre d'évolution est plutôt bénéfique. L'inflation sous-jacente a aussi baissé mais cela n'a rien de surprenant alors que la zone euro vient tout juste de sortir de récession. Le différentiel d'inflation entre cœur et périphérie, traditionnellement négatif, est en train de s'inverser : c'est la suite logique des réformes structurelles lancées dans les pays du Sud pour restaurer leur compétitivité. Cet ajustement serait certainement plus facile avec une inflation plus élevée en Allemagne. Cela dit, avec des coûts unitaires du travail en hausse de 4,5 % depuis deux ans (3 % en zone euro), l'Allemagne participe à cet ajustement. Quoi qu'il en soit, les anticipations d'inflation restent ancrées. L'inflation est attendue à +0,8 % sur un an en novembre : ce pourrait être la fin du cycle baissier.

