Monique Haddad : généreuse et débordante de joie de vivre.
Monique Haddad-Branon, née Safa, s'est éteinte paisiblement à l'âge de 75 ans dans la soirée du dimanche 17 novembre 2013 à Palm Coast en Floride (États-Unis) entourée de ses enfants, après plus d'une décennie d'une lutte dévastatrice contre l'alzheimer. Les obsèques ont eu lieu le jeudi 21 novembre et une messe réunira proches et amis dans la région de New York-New Jersey.
Jardinière d'enfants diplômée, elle se jette dans le travail depuis son plus jeune âge comme auteure d'une rubrique hebdomadaire à L'Orient-Le Jour, représentante de la compagnie britannique Galt Toys, animatrice de programmes hebdomadaires à Radio Liban puis à La Voix du Liban, organisatrice de voyages annuels en groupe pour jeunes vers les grands sites historiques d'Angleterre, de France et d'Italie, enfin créatrice-animatrice de l'émission télévisée Le coin des jeunes à la Compagnie libanaise de télévision pendant 15 ans.
Elle perd son mari, le photographe Fouad Nasri Haddad, en 1976, puis repart à New York où elle se remarie avec James Francis Branon, journaliste à la chaîne CBS, pour vivre désormais à Sunnyside puis à Woodside, son beau quartier boisé et ensoleillé de l'arrondissement de Queens. Correspondante du Figaro Magazine à Paris puis auteure d'un roman autobiographique paru chez Stock, Le violoniste au couvent de la lune (son père Anis était originaire de Deir el-Qamar), d'un recueil de poèmes, un autre de nouvelles, un manuel d'apprentissage du français pour anglophones titré Vis-à-vis chez McGraw-Hill, une série de programmes radio sur la nutrition pour l'Unicef, et la traduction française de l'essai A Christian Critique of the University par le penseur Charles Malek, elle sert aussi d'interprète trilingue à l'Assemblée générale de l'ONU. Elle n'a pas oublié pour autant ses habitudes beyrouthines et d'hôtesse littéraire et gastronome aussi chaleureuse qu'enjouée.
Son grand amour littéraire fut Proust, qu'elle lut intégralement et étudia avec un de ses spécialistes mondiaux à l'université de
Columbia. Épouse et mère, littératrice, musicienne, pionnière, innovatrice née, féministe avant l'heure, vivace et courageuse, généreuse et débordante de joie de vivre, d'hospitalité et d'humour, telle fut Monique. Ses écrits font la chronique de la vie, de l'enfance, du Levant des traditions, des conflits et des exils doux-amers, des pertes et des retrouvailles, du pèlerinage de l'esprit à travers les connaissances sans fin et les convictions variées, de son amour de la famille, de la montagne libanaise – en particulier son bien-aimé village, Hemlaya, dans le Metn, où elle vécut les premières années de la guerre du
Liban –, enfin de sa ville et de son pays d'adoption, New York et l'Amérique. Elle laisse trois enfants : Gabriel, Robert et Pierre, neuf petits-enfants et son frère Paul-René Safa.
Adieu Monique, notre douce amie, voisine, cousine, tante, consœur, belle-sœur, belle-mère, sœurette et petite maman adorée. Tu nous manquais depuis longtemps déjà et nous manqueras toujours ; mais de te savoir reposée après ta lutte herculéenne et priant le Très-Haut de t'avoir auprès de Lui est une consolation, et même une rédemption.
Gabriel Fouad HADDAD
Brunei, Darussalam


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