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Économie - France

Le gouvernement Ayrault lance son périlleux chantier de réforme fiscale

Premières consultations entre le Premier ministre et des dirigeants syndicaux.

Le numéro un de la CGT Thierry Lepaon, à sa sortie de Matignon, après sa rencontre avec le Premier ministre. Fred Dufour/AFP

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, impopulaire et en quête de rebond dans la gestion du pays, a lancé hier une vaste remise à plat du système fiscal avec de premières consultations avec des dirigeants syndicaux.
Pour lancer son périlleux chantier, le chef du gouvernement a reçu le dirigeant de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, sous l'œil sceptique de l'opposition qui évoque un « coup politique » du Premier ministre pour sauver sa tête à Matignon.
« Je sens un Premier ministre déterminé sur la question de la fiscalité », a déclaré M. Mailly qui s'est entretenu pendant une heure avec le chef du gouvernement. Selon lui, cette initiative « n'est pas un coup de com » de Matignon.
Le numéro un de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger, également reçu par le Premier ministre, a averti que cette initiative ne pouvait « pas être un coup de com » et s'« arrêter là », invitant le gouvernement à « prendre ses responsabilités ».
La numéro un de la CFE-CGC Carole Couvert a cherché aussi à « s'assurer que ce n'était pas un coup politique dans la perspective des municipales, mais bien un chantier dans la durée ».
Le numéro un de la CGT Thierry Lepaon a souhaité pour sa part que le gouvernement ne s'en tienne pas « à des bilatérales » et qu'il y ait une « confrontation avec le patronat ».
FO, CGT et CFDT ont défendu devant le Premier ministre le renforcement de l'impôt sur le revenu (IR), seul impôt progressif, face à la fiscalité indirecte. En revanche, le prélèvement à la source, une des pistes à l'étude, ne fait pas recette chez les syndicats : ils ne voient pas d'un bon œil que l'employeur ait « connaissance de la situation financière » des salariés.
Ce chantier à hauts risques, décidé entre le président François Hollande et son Premier ministre selon des médias, a été annoncé par surprise mardi dernier par M. Ayrault alors que l'exécutif français est confronté à un mouvement hétérogène de grogne sociale depuis septembre.
Le ministre de l'Économie Pierre Moscovici, informé tardivement d'une réforme qui le concerne pourtant au premier chef, est ainsi absent des consultations à cause d'un déplacement prévu de longue date en Chine.
Le Premier ministre promet des règles fiscales « plus justes, plus efficaces et plus lisibles », mais veut aussi parler du « financement de la protection sociale, de la dépense publique, d'investissements, d'emploi, de formation professionnelle et de pouvoir d'achat ».
Son calendrier : des décisions « à l'été 2014 », pour une « première étape traçant des perspectives » inscrites dans le budget 2015. La plupart des syndicats insistent sur la nécessité d'un renforcement du poids de l'impôt sur le revenu, seul impôt progressif, tandis que le patronat demande une baisse générale des prélèvements obligatoires.
Le syndicat Force ouvrière est opposé à un prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu (IR), une des pistes à l'étude. La France est un des rares pays européens où l'impôt n'est pas prévenu à la source.

L'opposition dénonce une opération de com
Du côté des politiques, reçus à partir de jeudi par M. Ayrault, l'opposition de droite doute de la sincérité du Premier ministre.
« Je crains que cette annonce (...) ne soit qu'un coup politique destiné à lui faire sortir la tête de l'eau », a résumé l'ancien ministre Xavier Bertrand.
« Je ne cautionnerai pas un projet qui ne prévoit pas d'abord une baisse massive des impôts », a prévenu Jean-François Copé, patron du principal parti d'opposition (Union pour un mouvement populaire, UMP).
« Je ne crois pas du tout dans cette grande réforme, elle ne sera pas faite », a déclaré la présidente du parti d'extrême droite Front national, Marine Le Pen.
Pour le centriste François Bayrou, il s'agit d'« une diversion » de M. Ayrault qui « avait le sentiment qu'il ne pouvait plus bouger ».
Le Premier ministre a assuré qu'il ne reculerait pas sur la hausse prévue au 1er janvier de la TVA (de 19,6 % à 20 % pour le taux normal, et de 7 à 10 % pour le taux intermédiaire), qui suscite une opposition grandissante de plusieurs professions et personnalités politiques, de droite comme de gauche.
L'« écotaxe », taxe sur les poids lourds qui a déclenché la contestation des dernières semaines, apparaît de son côté rangée pour un bon moment dans les cartons, et restera suspendue tout le temps de cette « remise à plat » générale.
(Source : AFP)

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, impopulaire et en quête de rebond dans la gestion du pays, a lancé hier une vaste remise à plat du système fiscal avec de premières consultations avec des dirigeants syndicaux.Pour lancer son périlleux chantier, le chef du gouvernement a reçu le dirigeant de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, sous l'œil sceptique de l'opposition qui évoque un « coup politique » du Premier ministre pour sauver sa tête à Matignon.« Je sens un Premier ministre déterminé sur la question de la fiscalité », a déclaré M. Mailly qui s'est entretenu pendant une heure avec le chef du gouvernement. Selon lui, cette initiative « n'est pas un coup de com » de Matignon.Le numéro un de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Laurent Berger, également reçu par...
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