La signature historique de l'accord sur le nucléaire iranien a naturellement délié toutes les langues hier.
Le président des États-Unis Barack Obama a qualifié de « première étape importante » cet accord intérimaire, tout en soulignant que d' « énormes difficultés » persistaient dans ce dossier. Cet accord « barre le chemin le plus évident » vers une bombe atomique iranienne. « Pour la première fois en presque une décennie, nous avons arrêté les progrès du programme nucléaire iranien, et des volets cruciaux du programme seront annulés », a-t-il déclaré.
Le président français François Hollande voit dans l'accord « une étape vers l'arrêt du programme militaire nucléaire iranien, et donc vers la normalisation de nos relations avec l'Iran ». L'accord « respecte les exigences posées par la France en matière de stocks et d'enrichissement d'uranium, de suspension de la mise en service de nouvelles installations, de contrôle international », s'est-il réjoui. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a souligné que l'accord « confirme le droit de l'Iran à l'énergie nucléaire civile, mais exclut de sa part tout accès à l'arme nucléaire ». Rappelons que c'est Paris qui avait marqué le plus de réticences au cours des négociations particulièrement ardues qui ont pavé la voie à l'accord de Genève.
Pour le président russe Vladimir Poutine, cet accord marque une « percée », mais seulement un « premier pas sur un chemin long et difficile. En coopération avec nos partenaires, nous sommes prêts à continuer de rechercher avec patience une solution mutuellement acceptable garantissant le droit inaliénable de l'Iran de développer un programme nucléaire pacifique sous le contrôle de l'AIEA et la sécurité de tous les pays du Moyen-Orient, y compris Israël », a-t-il ajouté.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a salué un accord qui va « aider à sauvegarder la paix et la stabilité au Moyen-Orient », et « aider les différents acteurs à commencer à mener des échanges normaux avec l'Iran », un point important pour la Chine qui a de grands besoins en pétrole.
À Londres, le ministre
britannique des Affaires étrangères, William Hague, a salué un accord « bon pour le monde entier, y compris les pays du Moyen-Orient et le peuple iranien lui-même », tout en soulignant qu'il restait à faire « un gros travail pour mettre en œuvre et avancer sur cet accord ».
Damas se réjouit
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé que l'entente réalisée à Genève « pourrait se révéler être le début d'un accord historique pour les peuples et nations du Moyen-Orient et au-delà ». Cité par son porte-parole Martin Nesirky, Ban Ki-moon a appelé les parties à poursuivre les négociations « pour étendre la portée de cet accord initial ». Quant au directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, il a salué « un nouveau pas important » dans la foulée de l'accord conclu entre l'AIEA et l'Iran le 11 novembre à Téhéran, ajoutant que l'agence était prête à jouer son rôle en vérifiant la mise en œuvre des mesures arrêtées dans l'accord de Genève.
Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a souligné qu'il était « maintenant crucial de s'assurer de la mise en œuvre dans les temps de l'accord et de continuer à travailler, sur la base de la confiance déjà construite, vers un règlement définitif de cette question ».
En Syrie, le régime de Damas, dont Téhéran est le principal allié régional dans la guerre qu'il mène contre les rebelles, a salué l'accord « historique qui garantit les intérêts du peuple iranien frère et reconnaît son droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire ».
Enfin, les Palestiniens, contrairement aux Israéliens, se sont félicités de cette signature, jugeant que l'accord montre à Israël que « la paix est la seule option au Moyen-Orient. Les efforts internationaux qui ont abouti à Genève doivent être une chance d'activer le rôle du qquartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) pour mettre fin au conflit israélo-palestinien », a plaidé le porte-parole du président Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina.
(Sources : agences)


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