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Cinéma

Un tailleur rose, des caméras et toujours... des crimes sans châtiments

Entre parenthèses
21/11/2013

Cela fait cinquante ans. Le souvenir est toujours vivant. Vivace. Peut-être parce que l’homme était jeune et beau. Peut-être parce qu’il était président d’une des plus grandes nations du monde. Serait-ce aussi à cause du tailleur rose maculé de sang ? Toujours est-il que l’image est indélébile. Alors pourquoi depuis ce jour et malgré les témoins, malgré tous les clichés pris par cette journée ensoleillée à Dallas et malgré la puissance des films, la vérité demeure introuvable ? Depuis ce jour, que de crimes de par le monde, individuels ou collectifs, commis au nom de... – mais au nom de quoi bon sang ?, – sont restés non résolus, impunis.
Le Liban ne fait pas exception dans ce domaine. Au contraire, il est passé maître en matière d’impunité. Et pourtant « the cameras are rolling ». Les pellicules sont bien présentes comme preuves tangibles. L’œil de l’objectif ne ment pas. Il dit la vérité. Puissance des films, mais impuissance ou incompétence des hommes.
Par un dimanche ensoleillé à Beyrouth, elle était joyeuse de faire des achats pour satisfaire tout le monde « back home ». Elle, elle n’était ni présidente de la République, ni même une femme célèbre, mais une simple employée de maison travaillant à mille lieues de son pays pour un modique gagne-pain. Elle devait rentrer dans quelques jours chez elle. Mais une voiture la renversera par cette journée dominicale sur ce bitume carnassier et étranger brisant à jamais et ses rêves et ses vingt printemps. Elle n’avait pas de tailleur rose, mais était aussi maculée de sang. Pourtant personne ne se souviendra d’elle. Le poste de police a prétendu que la caméra de l’avenue où elle fut renversée a filmé l’incident. Le criminel court toujours. Que de criminels !
Du président des États-Unis à l’employée de maison éthiopienne au doux nom de Marie, toujours pas de châtiment pour punir le crime. « Maudit soit Dostoïevski », aurait dit Atiq Rahimi. Comme quoi, tous sont égaux devant la mort. Et le pouvoir de l’image, on en fait quoi ?

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