Il y a quelques mois, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, portait au grand jour, lors de l’une de ses innombrables apparitions télévisées, la nouvelle de l’implication de son parti dans le sanglant conflit syrien.
Ce jour-là, il avait pris soin d’adresser au camp adverse un message dont la substance peut être résumée en ces termes : étant donné que nous sommes en désaccord sur tout, mais qu’en même temps nous voudrions préserver la paix civile au Liban, allons guerroyer tous ensemble en Syrie, vous aux côtés de l’opposition et nous avec le régime, et laissons le calme prévaloir sur le territoire libanais.
À l’époque, ce qui avait choqué dans cette proposition, ce n’est pas tant son immoralité et le mépris qu’elle exprime pour les parties syriennes au conflit ; c’est surtout qu’elle reflète, du moins en apparence, une absence de sens des réalités, ou plutôt un surcroît de confiance en soi et, disons-le, d’arrogance.
Depuis cette annonce de Hassan Nasrallah, on a pu constater combien les retombées de la guerre syrienne au Liban ont redoublé d’ampleur, même si la scène libanaise continue en principe, jusqu’à cet instant, d’être à l’abri d’une explosion généralisée. Les attentats de l’été dernier dans la banlieue sud de Beyrouth et à Tripoli, les épisodes d’affrontements de plus en plus violents dans la capitale du Liban-Nord, l’exacerbation des sentiments confessionnels et sectaires, les blocages institutionnels, tout reflète cette inexorable montée des périls observée au cours des derniers mois.
Cependant, le double attentat terroriste survenu hier près du siège de l’ambassade d’Iran, à Bir Hassan, paraît être d’une autre nature et enterre définitivement la perspective que Hassan Nasrallah avait souhaité ouvrir par sa proposition.
C’est d’abord la première fois depuis 1983 que des actions sont menées au Liban par le biais de commandos-suicide. Ce fait revêt une importance majeure non seulement en raison de l’indication qu’il donne sur l’identité des auteurs et des commanditaires de l’attentat – la nébuleuse
el-Qaëda – mais aussi et surtout parce qu’il tend à démontrer, à en croire la plupart des observateurs, qu’à la différence des précédentes explosions, ce double attentat n’est pas simplement un avertissement, un « message », mais bien le début d’une vague d’actions liées au conflit syrien – et dans ce cas précis au début de l’offensive syro-hezbollahie dans la région-clé de Qalamoun – tout en débordant désormais le territoire de la Syrie.
Le choix de la cible – l’ambassade d’Iran – conforte cette thèse dans la mesure où il reflète la volonté des terroristes d’internationaliser le conflit, et pas seulement sur le plan diplomatique. Sur ce point, certains responsables, qui confirment les informations sur les risques d’actions à venir contre le Hezbollah, pensent que cette campagne ne se limitera pas nécessairement au territoire libanais. Même la Russie pourrait être touchée par le biais d’un réveil du séparatisme tchétchène.
Mais revenons au Liban où les perspectives ne sont guère réjouissantes. Pour le moment, rien n’indique, en effet, que le Hezbollah est en passe de réviser sa stratégie et de remettre en question sa participation à la guerre en Syrie.
Cependant, sur le plan politique, sa position au Liban même devient intenable de jour en jour. Ses conditions en vue de la formation du gouvernement et sa dérobade à l’égard de la politique de distanciation et de la « neutralisation » du Liban prônée par le président de la République dans la déclaration de Baabda le mettent à nu face à une opinion qui n’en peut plus.
Si le Premier ministre désigné décidait de former aujourd’hui même, au lendemain du double attentat de Bir Hassan, un gouvernement de « fait accompli », composé de personnalités modérées et ayant un programme restreint, il serait à l’évidence mieux accueilli dans le pays que s’il avait été mis sur pied la veille de l’attentat.
Mais cela est peut-être le dernier des soucis du Hezbollah.
Liban - La Situation
Chronique d’une tragédie annoncée
OLJ / Par Élie FAYAD, le 20 novembre 2013 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Que ce soit l'aile islamique Chiite ou Sunnite, aucune n'a encore compris que le Liban se doit d’être leur priorité et non la Palestine, la Syrie ou l'Iran pas même l'islam. Sans cela Fekhar yi kasser ba3do. Le Liban est au abord d'une nouvelle guerre et il ne faudra pas s’étonner de la voir venir car les actions des deux extrémismes nous ont conduit a une impasse de laquelle nous aurons beaucoup de mal a en sortir sans y laisser des plumes. Ils n'ont franchement rien appris des malheurs du passé.
09 h 51, le 20 novembre 2013