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Liban - Présidence

Sleiman : Il n’y a pas lieu de renier la déclaration de Baabda

Un colloque a été organisé par le « Forum de Baabda » à l’hôtel Phoenicia en présence du chef de l’État sur le thème de la déclaration de Baabda, adoptée à l’unanimité des participants à la conférence de dialogue, en juin 2012.

Une vue de l’assistance au colloque du Phoenicia. Photo Dalati et Nohra

Le président de la République, Michel Sleiman, est revenu samedi à la charge au sujet de la déclaration de Baabda lors d’un colloque organisé sur ce thème à l’hôtel Phoenicia.
La réunion a été organisée à l’initiative du « Forum de Baabda », un groupe de juristes, d’intellectuels et d’hommes d’affaires, dans une perspective pédagogique destinée à mieux expliquer au public les tenants et aboutissants de cette déclaration qui est en passe d’être le principal legs du mandat Sleiman.
Ce texte, qui insiste essentiellement sur la « neutralisation du Liban » à l’égard des conflits et des axes régionaux, avait été adopté à l’unanimité des participants à la conférence de dialogue national en juin 2012.
Le colloque s’est déroulé en présence du Premier ministre sortant, Nagib Mikati, de l’ancien chef de gouvernement Fouad Siniora et de diverses personnalités politiques et diplomatiques. L’absence de représentants du Hezbollah a été toutefois remarquée. Le parti chiite avait commencé par avaliser la déclaration de Baabda, au même titre que les autres parties prenantes au dialogue national, mais il a renié cet engagement par la suite.
Le chef de l’État a entamé son intervention en rappelant, une fois de plus, la genèse de la déclaration de Baabda. Il y a quelques mois, en pleine polémique sur ce document, la présidence de la République avait publié un communiqué explicitant dans le détail comment l’ensemble des forces politiques qui participaient au dialogue en juin 2012 avaient avalisé la déclaration.
« Elle a été adoptée à l’unanimité des présents, puis cet aval a été confirmé lors de deux séances consécutives tenues après celle de son adoption. Alors, de grâce, il n’y a pas lieu de la renier. Retournons donc à notre foyer libanais qui abrite tout le monde en application de cette déclaration », a lancé samedi le président Sleiman.
Rappelant que ce texte a vu le jour « à l’époque où le transfert d’armes et de combattants avait commencé du Liban-Nord vers la Syrie », le président a souligné que sa première initiative dans ce cadre avait été de se rendre dans les pays du Golfe, et en particulier en Arabie saoudite. « J’ai demandé au roi de neutraliser le Liban et de ne pas en faire un lieu de passage pour les armes et les éléments armés. La déclaration de Baabda est venue quelques semaines après cela », a-t-il précisé, jugeant « très utile » de connaître ces circonstances.
Selon lui, ce document « ne parle pas de la neutralité, mais de la neutralisation ». « La neutralité est revendiquée par de nombreux Libanais et je respecte cette demande. Mais celle-ci nécessite des mesures supplémentaires (constitutionnelles). En tout cas, la neutralisation pourrait être ou pas une étape vers la neutralité. »
À ce stade, a poursuivi le chef de l’État, il s’agit d’une neutralisation qui « préserve l’engagement du Liban à l’égard de la cause palestinienne, de l’unanimité arabe et de la légalité internationale ». De plus, la déclaration « n’est un défi pour personne. Elle est totalement conforme à l’accord de Taëf » et il ne s’agit pas d’une « proclamation à caractère circonstanciel. À l’avenir, nous en aurons besoin encore plus qu’aujourd’hui ».
« Celui qui considère à l’heure actuelle qu’elle n’est pas importante, qu’elle est peu conforme au pacte ou qu’elle n’a pas de vertus propices à l’entente jugera demain qu’elle est au contraire une valeur ajoutée pour le Liban », a-t-il encore dit.

Les autres intervenants
Avant le président Sleiman, plusieurs intervenants étaient montés à la tribune et s’étaient penchés essentiellement sur les aspects politico-juridiques de la déclaration de Baabda.
L’expert en droit international Chafic Masri a ainsi souligné que la neutralisation du Liban prévue par la déclaration de Baabda est « une continuation saine et authentique de la politique adoptée par les pères de l’indépendance ».
Le professeur Fayez Hajj Chahine, membre du comité du dialogue national, a de son côté mis en lumière la conformité de la déclaration de Baabda aux principes du pacte national et de l’accord de Taëf.
L’ancien ministre de l’Intérieur Ziyad Baroud a pour sa part fait valoir que la « neutralisation » prévue dans la déclaration de Baabda ne nécessite pas d’amendement constitutionnel, à la différence de « la neutralité absolue ». Selon lui, ce document est « un moyen, non une fin en soi », mais un moyen permettant d’assurer la stabilité intérieure tout en préservant « le rôle actif du Liban dans le cadre de l’unanimité arabe et son appui à la cause palestinienne juste ».
De plus, a-t-il ajouté, « il sauvegarde la position du Liban au sujet des résolutions internationales qui protègent ses droits et n’annule pas le droit à la résistance à l’occupation ».
Jihad Azour, ancien ministre des Finances, a souligné que la déclaration de Baabda est une étape nécessaire pour « parachever l’indépendance et la protéger ». Quant au juriste Khaled Kabbani, qui a également occupé des fonctions ministérielles dans le passé, il s’est demandé « comment livrer le sort du pays et l’avenir des Libanais à des forces politiques incapables de se mettre d’accord sur la teneur de la déclaration de Baabda ».
Abdel Hadi Mahfouz, président du Conseil national de l’audiovisuel, a fait valoir que ce texte « aménage des espaces pour traiter les points confus » et « fait du dialogue une règle de base ».
L’ambassadeur de Russie, Alexandre Zasypkin, a rappelé que son pays avait soutenu la déclaration de Baabda « dès le premier jour » parce que ce texte « préserve la stabilité intérieure, favorise les solutions par voie de dialogue et éloigne le spectre de la discorde confessionnelle ».
Enfin, Derek Plumbly, coordinateur spécial des Nations unies au Liban, a évoqué le « courage » des pôles du dialogue national le jour où ils avaient adopté la déclaration de Baabda.

Le président de la République, Michel Sleiman, est revenu samedi à la charge au sujet de la déclaration de Baabda lors d’un colloque organisé sur ce thème à l’hôtel Phoenicia.La réunion a été organisée à l’initiative du « Forum de Baabda », un groupe de juristes, d’intellectuels et d’hommes d’affaires, dans une perspective pédagogique destinée à mieux expliquer au public les tenants et aboutissants de cette déclaration qui est en passe d’être le principal legs du mandat Sleiman.Ce texte, qui insiste essentiellement sur la « neutralisation du Liban » à l’égard des conflits et des axes régionaux, avait été...
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LE RENIEMENT DE LA DÉCLARATION DE BAABDA NE FAIT QU'ATTISER LA MÉFIANCE, LES APPRÉHENSIONS ET LES CRAINTES, ET À RAISON !

SAKR LOUBNAN

09 h 56, le 18 novembre 2013

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Commentaires (1)

  • LE RENIEMENT DE LA DÉCLARATION DE BAABDA NE FAIT QU'ATTISER LA MÉFIANCE, LES APPRÉHENSIONS ET LES CRAINTES, ET À RAISON !

    SAKR LOUBNAN

    09 h 56, le 18 novembre 2013

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