La double apparition du secrétaire général du Hezbollah à 24 heures d’intervalle au sein d’une foule en délire est un événement en soi qui mérite qu’on s’y arrête. Sayyed Hassan Nasrallah sort, en effet, rarement en public, et en tout cas certainement pas dans des cérémonies prévues à l’avance et retransmises par les médias. S’il a donc choisi de le faire, le dernier jour de la Achoura, mercredi, dans une salle couverte et le lendemain en clôture du convoi funèbre en hommage à l’imam Hussein en plein air, c’est qu’il a réellement voulu être présent au milieu de la foule pour délivrer un message précis. De plus, jusqu’à celle de mercredi, ses rares apparitions publiques ne dépassaient pas les quelques minutes. Mais ce jour-là, il a prononcé un discours de plus d’une heure devant ses partisans.
Les milieux du 14 Mars en ont déduit que cette double apparition vise à rassurer son camp, et elle est l’indice clair que le Hezbollah a peur du nouveau contexte régional et international. Par sa participation en personne aux cérémonies de la Achoura, sayyed Nasrallah aurait donc voulu mobiliser les chiites et resserrer les rangs internes à l’ère des grands changements qui seraient porteurs, toujours selon la lecture des milieux du 14 Mars, d’un lâchage iranien. Cette double apparition publique serait aussi une sorte de réponse claire à une rumeur insistante qui circule dans le pays depuis la visite du président Michel Sleiman en Arabie saoudite et qui voudrait que le Liban serait en quelque sorte « livré » au royaume en guise de compensation à la perte de l’Irak, devenu un pays sous influence iranienne avec un pouvoir plus ou moins contrôlé par la communauté chiite. D’ailleurs, toutes les analyses des médias du 14 Mars se font l’écho, depuis quelques jours, d’une « fébrilité, reflet d’une grande inquiétude » qui agiterait actuellement le Hezbollah, d’abord en raison de sa participation aux combats en Syrie et à la contestation dont elle ferait l’objet au sein de la communauté, ensuite en prévision d’un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran sur le dossier nucléaire iranien dont le Hezbollah ferait les frais.
Le secrétaire général du Hezbollah a eu beau afficher une grande confiance dans l’avenir, démentant toutes ces rumeurs, le 14 Mars continue d’y croire. Une source proche du Hezbollah relève toutefois le fait qu’il y a quelques semaines, à la suite d’un discours de Nasrallah dans lequel il disait au 14 Mars que son pari sur la chute du régime syrien était déjà perdu, ce camp avait critiqué son ton de vainqueur et « son arrogance ».
À ce moment-là, le « rapprochement » irano-américain avait déjà été amorcé et l’accord russo-américain sur l’arsenal chimique syrien avait été conclu. Que s’est-il donc passé au cours des dernières semaines pour changer totalement la donne dans l’analyse du 14 Mars ?
Dans ce contexte, la source proche du Hezbollah affirme ne pas comprendre sur quels éléments le 14 Mars fonde son raisonnement.
Lorsque ces deux développements majeurs au sujet des armes chimiques syriennes et du nucléaire iranien ont eu lieu, c’est surtout l’Arabie saoudite (et Israël, mais ce n’est pas le propos maintenant) qui a exprimé son mécontentement, d’abord en refusant de prononcer son discours annuel devant l’Assemblée générale des Nations unies, puis en refusant le siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, ensuite en multipliant les manifestations de colère. C’est aussi l’Arabie saoudite qui avait ouvertement demandé aux États-Unis de frapper le régime syrien et qui a commencé par rejeter la tenue de la conférence de Genève 2, avant d’en accepter l’idée, à la suite de la visite du secrétaire d’État américain John Kerry à Riyad, sans toutefois renoncer au projet de redoubler les aides militaires et financières à l’opposition syrienne dans une tentative de changer la donne sur le terrain.
Comment, dans ce cas, le Hezbollah serait-il inquiet des développements et aurait-il besoin de l’apparition publique du sayyed pour mobiliser ses partisans ? s’interrogent les sources proches du Hezbollah. Nasrallah a d’ailleurs déclaré lui-même à plusieurs reprises que ses « moujahidine » se portent volontaires pour aller se battre en Syrie, convaincus de la justesse de ce combat pour la résistance, pour le Liban et pour la Syrie, bien sûr. Et il a ajouté dans son dernier discours que le Hezbollah n’a aucune crainte au sujet d’un éventuel lâchage iranien.
Ce que Nasrallah n’a pas dit mais que la source proche du Hezbollah révèle, c’est que sur le plan stratégique, le Hezbollah est plus important pour la République islamique d’Iran que le dossier nucléaire. Par conséquent, un accord international sur ce dossier n’aura pas pour contrepartie le lâchage du Hezbollah. Dans ce cas, pourquoi sayyed Nasrallah a-t-il décidé de participer en personne aux dernières cérémonies de la Achoura ?
La source proche du parti explique qu’il a tenu à le faire d’abord pour donner un message de force et de confiance à l’attention des Israéliens, mais surtout, il a voulu rendre hommage à tous ceux qui le soutiennent et à cette communauté chiite prête à tous les sacrifices, sans jamais remettre en question son allégeance et sa loyauté. C’est surtout vrai depuis l’explosion des voitures piégées à Bir el-Abed et à Roueiss, et le démantèlement de justesse d’une voiture piégée à Maamoura la veille de la fête d’al-Adha. Nasrallah, qui avait demandé aux chiites de participer en masse à la cérémonie de clôture de la Achoura, défiant ainsi les risques sécuritaires, ne pouvait pas faire moins que de venir en personne à cette cérémonie pour donner l’exemple, mais aussi pour montrer qu’il ne peut pas demander à ses partisans de prendre des risques alors qu’il est lui-même à l’abri.
La source proche du Hezbollah rappelle que Nasrallah est à la fois un chef religieux, un chef militaire et un leader politique. Il n’hésite pas à prendre lui-même la tête des unités de combat lorsqu’il le faut et ne s’accorde pas, ni à lui ni à ses proches d’ailleurs, un traitement de faveur. Il a ainsi perdu un fils au cours d’une opération de résistance en 1997 et on l’a vu à l’œuvre pendant la guerre de juillet 2006, refusant de quitter la banlieue sud, sauf un soir pour sortir se promener à Beyrouth et manger un sandwich dans la rue au milieu des passants...
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Verra qui vivra, car les gens du Hezbollah oublie que Hassan Nasrallah a plusieurs épées de Damoclès au dessus de la tête entre autre le TSL dont il ne se départira pas de sitôt. Il est apparu en publique rien que parce qu'il sait très bien que l'analyse du 14 Mars est correcte car l'Iran ne s'est pas rapproché de plein gré mais bien parce qu'elle est épuisée et très affaiblie a cause de l'embargo économique qui a donné pleinement les résultats escomptés. Pour garder encore un peu plus longtemps le pouvoir, les Mollahs vendraient leur mère, alors Hassouna et ses quelques voyous c'est "peanuts" comme dirait Obama le grand Satan. Au grand maximum, le parti subsistera mais certaines têtes tomberont. Qui sera le dindon de la farce la est la question, Raad? Kassem? Qaouk? les autres? ...
09 h 25, le 18 novembre 2013