Des civils philippins touchent terre après avoir été sauvés par un hélicoptère américain. US Navy/AFP
Hélicoptères et avions américains ont décollé en continu hier pour apporter de l’aide humanitaire aux sinistrés désespérés du typhon Haiyan, donnant un coup de fouet à des opérations de secours critiquées pour leur lenteur. Sur le porte-avions George Washington, des hélicoptères décollaient et atterrissaient à un rythme effréné pour faire la navette avec Tacloban, une des villes les plus ravagées, et des villages isolés toujours impossibles à atteindre en camion. Dans le bruit des moteurs, les marins chargeaient cartons de nourriture et autres produits de première nécessité dans les appareils, pendant que des volumes d’eau énormes étaient dessalinisés avant d’être envoyés aux survivants assoiffés et affamés.
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Une semaine après le passage de la tempête, accompagnée de vents à plus de 300 km/heure et de vagues de 5 mètres, l’ONU a annoncé hier un bilan de près de 4 500 morts. Un chiffre non confirmé par le gouvernement qui a malgré tout revu son bilan à la hausse, à 3 621 morts et 1 140 disparus.
Cette confusion autour du bilan s’ajoute aux critiques qui visent le président Benigno Aquino au sujet du manque de préparation de la population à l’arrivée du cyclone ou à propos de la gestion des secours. Le chef de l’État philippin affirme que les pertes humaines auraient été beaucoup plus élevées sans l’action de son gouvernement, alors que la colère monte au sein de la population face à la paralysie des autorités locales et la lenteur de la distribution des vivres. Beaucoup de cadavres n’ont toujours pas été enterrés, une semaine après la catastrophe. En effet, dans la ville, des dizaines de corps enveloppés dans des sacs mortuaires gisaient encore hier sur le bord des routes, attendant d’être ramassés par des camions au nombre insuffisant, alimentant les craintes de risques sanitaires.
Promesse de dons et coopération cruciale
Les nombreux pays, ONG et agences internationales ont ainsi promis d’importantes aides financières et matérielles, alors que l’ONU a lancé un appel aux dons de 301 millions de dollars. Le géant suisse des matières premières Glencore Xstrata a annoncé hier qu’il allait verser deux millions de dollars. La France, de son côté, doit envoyer lundi soir à Cebu un avion-cargo transportant 100 tonnes d’équipements à destination des victimes du typhon, affrété par le ministère français des Affaires étrangères, a annoncé hier le Quai d’Orsay. Des unités de potabilisation de l’eau, du matériel pour abris, des médicaments et des kits de secours composent cette cargaison. Les Britanniques ont annoncé pour leur part l’envoi du plus grand bâtiment de leur marine, le porte-hélicoptères HMS Illustrious, attendu d’ici au 25 novembre.
En plus de leur flottille, les États-Unis ont annoncé hier l’envoi de 1 000 marines. Une situation saluée par la Croix-Rouge internationale. L’intervention américaine « va probablement stabiliser la situation », a commenté hier son porte-parole régional Patrick Fuller, soulignant cependant qu’une bonne coopération entre les humanitaires et l’armée était « cruciale ».
Le maire de Tacloban, Alfred Romualdez, s’est dit « très reconnaissant » de l’intervention américaine. Et malgré la situation lugubre qui régnait dans les rues de sa ville, les craintes que la situation désespérée des survivants ne dégénère en violence s’estompaient hier. À l’aéroport de Tacloban, qui a vécu des scènes de panique en début de semaine lorsque la foule a tenté d’obtenir des places sur des vols en partance, un semblant d’ordre a été restauré. Des milliers de personnes attendent toujours de pouvoir quitter Tacloban, mais la plupart attendent désormais leur tour dans le calme.
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