Dans le cadre se la lutte contre la drogue, le gouvernement afghan brûle lors d’une cérémonie plus de 2 000 kg d’opium, 400 kg d’héroïne, 1 200 kg de morphine, 10 000 kg de haschisch et des centaines de bouteilles d’alcool. Farshad Usyan/AFP
Ces chiffres constituent une « mauvaise nouvelle », a reconnu Din Mohammad Mubarez Rashidi, le ministre chargé de la lutte contre le trafic de drogue, lors d’une conférence de presse à Kaboul. « Mais nous allons continuer à nous battre », a-t-il assuré. Selon l’UNODC, les cultivateurs pourraient avoir accru la production d’opium « pour préserver leurs avoirs face à la perspective d’un futur incertain qui pourrait résulter du retrait des troupes internationales l’année prochaine ». Le trafic international de drogue à partir de l’Afghanistan, premier pays producteur d’opium, profite en effet directement aux insurgés talibans, qui en tirent entre 100 et 400 millions de dollars par an, selon des chiffres de l’ONU et de l’administration afghane.
L’opium nourrit la guerre
Cette manne financière contribue à nourrir l’insurrection meurtrière qu’ils mènent contre les forces gouvernementales afghanes et celles de l’OTAN depuis leur éviction du pouvoir en 2001 par une coalition militaire dirigée par les États-Unis. Le lien entre l’insécurité et la culture de l’opium observé est toujours d’actualité en 2013 : près de 90 % des champs d’opium sont rassemblés dans neuf provinces qui comptent parmi les bastions des talibans, note le rapport de l’ONU.
« Les talibans et el-Qaëda incitent les paysans à développer et à protéger leurs cultures », a souligné M. Rashidi, remarquant que la province du Helmand, une des plus dangereuses d’Afghanistan, regroupe à elle seule 48 % des surfaces cultivées.
La persistance de cette économie parallèle, chiffrée localement à un milliard de dollars par an, soit 4 % du PIB afghan, entretient les réseaux criminels et la corruption, y compris parmi de hauts responsables du gouvernement afghan, et sape le développement du pays, soulignait récemment l’Inspection générale spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan, un organisme gouvernemental américain. « Le problème de la drogue agit sur l’État (afghan) à la manière d’un virus, il infecte et abat petit à petit les défenses immunitaires des institutions », a souligné le représentant de l’UNODC en Afghanistan, Jean-Luc Lemahieu. À l’approche du retrait de l’OTAN, l’Afghanistan doit donc « prendre des décisions fortes pour son futur » sans quoi tous les projets mis en œuvre dans le pays « finiront par s’écrouler, et pas seulement la lutte contre le trafic de drogue », a-t-il prévenu.
(Source : AFP)


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