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Culture

Le Liban à l’honneur sur Radio France en direct du Salon

Un échange sur le rôle des intellectuels dans leur pays, leur pouvoir d’influence et le regard qu’ils posent sur leur quotidien a réuni samedi les romanciers Jabbour Douaihy, Hyam Yared, Pierre Abi Saab, Charif Majdalani, Hala Moughanie et Rachid el-Daif autour de la « Grande table » animée par Caroline Broué.
Si les autres ont le pouvoir des armes, les intellectuels ont le pouvoir des mots. Une réalité souvent contestée par ceux qui la vivent. « Il n’y a que les hommes politiques qui ont le pouvoir et le droit à la parole dans ce pays, affirment amèrement Pierre Abi Saab et Rachid el-Daif. Rien qu’à voir les débats télévisés, vous comprendrez que nous n’avons pas un grand pouvoir d’influence. » Pour Chérif Majdalani, « les romanciers fabriquent de l’imaginaire. Ils n’ont aucune action sur le présent ». Réaction contestée par Hyam Yared qui met en valeur le rôle de cet écrivain en tant que témoin de son présent. « Le livre entraîne une approche suggestive de la réalité. Nous avons un devoir de responsabilité à travers notre littérature, dit-elle, admettant toutefois que les intellectuels ne sont pas assez entendus. »
Comment vivent-ils leur quotidien et quel regard portent-ils sur leur présent ? Une question qui pousse inévitablement à aborder les conséquences de cette « guerre syrienne » qui déborde une fois de plus sur leur vie. « Le Liban est dans un perpétuel recommencement, hélas, souvent tragique. Il y avait la question palestinienne au début, puis ce fut l’occupation syrienne que l’on a chassée trente ans plus tard, mais que l’on continue à subir aujourd’hui encore », déplore Majadalani. Une guerre qui n’est pas celle des autres, mais des Libanais également puisqu’ils « sont complices de cette tragédie, admettra Pierre Abi Saab. Des centaines de milliers de jeunes touchent leur salaire de cette guerre. Les Libanais ont exploité un peu cette main-d’œuvre syrienne. Il faudrait plus de compassion et de générosité envers ce peuple. »
D’amères constatations qui n’empêchent pas ces intellectuels de porter un regard de tendresse et d’affection sur « ce bordel de pays » tel que décrit par Douaihy et cette « ville de paradoxe, où l’on vit malgré la peur et qui vibre malgré des lendemains incertains ». Un Liban où l’on « apprend à faire la sieste sur le dos de l’orage », conclut fatalement Rachid el-Daif.

Lamia SFEIR DAROUNI
Un échange sur le rôle des intellectuels dans leur pays, leur pouvoir d’influence et le regard qu’ils posent sur leur quotidien a réuni samedi les romanciers Jabbour Douaihy, Hyam Yared, Pierre Abi Saab, Charif Majdalani, Hala Moughanie et Rachid el-Daif autour de la « Grande table » animée par Caroline Broué.Si les autres ont le pouvoir des armes, les intellectuels ont le pouvoir des mots. Une réalité souvent contestée par ceux qui la vivent. « Il n’y a que les hommes politiques qui ont le pouvoir et le droit à la parole dans ce pays, affirment amèrement Pierre Abi Saab et Rachid el-Daif. Rien qu’à voir les débats télévisés, vous comprendrez que nous n’avons pas un grand pouvoir d’influence. » Pour Chérif Majdalani, « les romanciers fabriquent de l’imaginaire. Ils n’ont aucune action sur le...
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