Ferdi Tilukay, un client du « Spa et réflexologie traditionnels de Bali », s’adonne avec plaisir à ses masseurs insolites : des pythons de près de deux mètres ! Roméo Gacad/AFP
Avec un short pour toute protection, l’habitué, qui en est déjà à son troisième massage du genre, semble totalement détendu, tandis que Jasmine, Muscle et Brown serpentent sur son corps. Les pythons, dont le plus grand atteint 1,8 mètre, se lovent sur son estomac, caressent son cou, tout en redressant de temps à autre la tête en faisant ressortir leur langue fourchue dans un sifflement aigu. S’ils trouvent leur nouveau terrain de jeu trop confortable et qu’ils commencent à s’endormir sur le ventre de leur « partenaire », deux assistantes qui surveillent leurs agissements se chargent de rappeler les pythons à leur devoir de « masseurs ».
Feri Tilukay est l’un des rares Indonésiens à oser le « massage de serpents ». La plupart des clients, encore rares, sont des touristes étrangers en mal de sensations fortes. « J’avais la phobie des serpents », explique le comptable. « Mais après avoir reçu ce traitement à plusieurs reprises, la phobie a commencé à disparaître. Maintenant, j’aime les serpents », dit-il, ne semblant éprouver aucune gêne à mesure que les peaux froides et écailleuses glissent sur son corps. Le massage de 90 minutes, qui coûte 480 000 roupies indonésiennes (32 euros), ne représente aucun risque, assure le gérant du spa, Paulus Abraham. Les animaux sont nettoyés à l’antiseptique avant d’être posés sur le corps du client, et leur gueule est scellée par du ruban adhésif, ne pouvant que laisser passer leur langue fourchue.
Le massage de serpents n’est pas le seul traitement insolite offert par le spa. Parmi les classiques enveloppements au chocolat, au café ou à la mangue, le centre propose à ses clients de se faire masser à la glace à la fraise, aux escargots, au fromage, au beurre ou à la mayonnaise, voire avec des boules de golf ou de billard, et même... avec des gants de boxe.
Le « massage corporel par un singe de la forêt », autrement appelé « le spa de la guérilla », propose une palpation effectuée par une masseuse revêtue d’un costume de gorille. Le spa promet que ce « retour à la nature » facilite « la circulation du sang » et la « stimulation corporelle ».
Et si le massage de serpents attire « un nombre régulier de clients », assure le gérant, il n’est pas du goût des défenseurs des animaux, le Réseau d’aide aux animaux de Djakarta dénonçant une « exploitation ». « Nous ne considérons pas les serpents comme des employés. Nous les traitons comme des amis ou des membres de la famille », assure cependant le gérant du spa. « Nous les embrassons, nous les prenons dans nos bras, nous les traitons comme il faut », ajoute-t-il en défense de son institut.
(Source : AFP)

