Si le Barça est sans conteste le club le plus titré de Barcelone (22 Ligas, 26 Coupes du Roi, 4 Ligues des champions) et est souvent présenté comme un emblème de la lutte antifranquiste et du sentiment indépendantiste catalan, l’Espanyol (seulement 4 Coupes du Roi) n’en est pas forcément l’antithèse malgré l’octroi par le roi d’Espagne Alfonse XIII de l’épithète « Real » en 1912.
Le club a d’ailleurs « catalanisé » son nom en 1995 – « Español » devenant « Espanyol ».
« Il n’y a rien à revendiquer », a déclaré lundi dernier Joan Collet, président de l’Espanyol, à l’occasion du 113e anniversaire du club. « Cette entité a grandi et s’est développée à Barcelone. Remettre en question notre catalanité est le propre d’esprits malades. »
Sur le terrain, la rivalité existe, bien que le clasico Barça-Real Madrid l’éclipse souvent : ainsi, lors de la saison 2003-2004, trois joueurs de chaque équipe ont été expulsés lors de la victoire du Barça sur le terrain d’Espanyol (3-1).
Mais les derbys barcelonais se sont singulièrement déséquilibrés ces dernières années : depuis 30 ans, l’Espanyol n’a battu son grand voisin qu’une seule fois au Camp Nou en Liga.
C’était en 2009, année du triomphe du Barça de Josep Guardiola, victorieux de tous les titres possibles (Liga, Coupe du Roi, Ligue des champions, Supercoupes d’Espagne et d’Europe et Mondial des clubs). Les « Periquitos » avaient créé la surprise en gagnant 2-1 sur deux buts de l’ancien joueur du Barça, Ivan de la Pena.
En 2007, l’Espanyol avait beaucoup fêté le nul 2-2 arraché sur la pelouse du Camp Nou grâce à Raul Tamudo, nourrissant l’amertume de l’équipe blaugrana entraînée par Frank Rijkaard qui avait perdu le championnat au profit du Real Madrid quelques jours plus tard. « Peut-être le souvenir le plus douloureux d’un derby », selon le site Internet du Barça.

