« Nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes – et même d’aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs », argumente le texte qui sera publié dans le numéro de novembre du mensuel Causeur. Parmi les premiers signataires de la pétition, dont « certains sont allés, vont, ou iront aux putes », figurent notamment Frédéric Beigbeder, prix Renaudot 2009 avec Un roman français, ou encore Basile de Koch, mari de l’ex-égérie des opposants au mariage gay Frigide Barjot. « Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe. Qu’il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires », plaident-ils. « Nous ne défendons pas la prostitution, nous défendons la liberté. Et quand le Parlement se mêle d’édicter des normes sur la sexualité, notre liberté à tous est menacée », a justifié la directrice de la rédaction de Causeur, Élisabeth Lévy.
Les signataires ont baptisé leur texte « Manifeste des 343 salauds », en référence au manifeste pour la légalisation de l’avortement signé par 343 personnalités féminines – actrices, artistes, intellectuelles – en 1971, lorsque l’avortement était encore passible de la prison, devenues sous la plume ironique de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo « Les 343 salopes ». « Voila comment la liberté de disposer de son corps revendiquée par le Manifeste des 343 se voit étendue à des pratiques (...) qui en constituent le contraire », s’est indigné l’une des signataires du texte de 1971, Anne Zelensky, dans une tribune publiée par Le Monde.
(Source : AFP)

