Cela fait plus de six mois que les appels internationaux pour la formation d’un gouvernement se font pressants, et Tammam Salam, depuis Mousseitbé, continue de subir les manœuvres des parties en présence et les critiques de ceux qui protestent contre son incapacité à proposer une formule. Le général Michel Aoun, pour sa part, lui a fixé un délai de 45 jours avant de déclarer forfait, oubliant sans doute que les responsables politiques sont loin de lui rendre la tâche facile. À y voir de près, il semblerait que les pays étrangers sont plus enthousiastes à l’idée de voir un nouveau cabinet mis sur pied que les partis et cadres libanais qui ne semblent pas percevoir le risque qu’encoure le pays à rester suspendu à un cabinet d’expédition des affaires courantes. Oublient-ils que l’échéance présidentielle approche et qu’éviter un vide à la tête de la République serait préférable ?
Dans les milieux politiques, l’on se demande quelle sera l’issue à ce méli-mélo exécutif, et quelle partie sera capable de venir à la rescousse de Tammam Salam, qui avait promis de changer la donne avec la fin du ramadan. Mais ramadan est déjà loin. Et ce ne sont pas les grands pays qui viendront secourir le Premier ministre désigné. Dans les milieux diplomatiques, l’on assure qu’il s’agit d’une question purement intérieure, du ressort des Libanais. Et les pays arabes, de leur côté, ne sont pas prêts d’intervenir. Depuis qu’il a été chargé de présider la Ligue arabe, Nabil el-Arabi n’a même pas pris la peine de visiter Beyrouth.
Tammam Salam est bel et bien seul. Et seul, il devra supporter ces Libanais qui ne lui rendent pas la tâche facile, à l’heure où un gouvernement fort serait nécessaire si Genève 2 venait à être tenu et que les efforts diplomatiques russo-américains aboutissaient. Le Liban se doit, en effet, de profiter d’une telle occasion pour trouver des solutions à la crise des réfugiés syriens qui mine le pays. Et les Libanais, par ailleurs, se doivent de convaincre Terjé Roed-Larsen, envoyé de l’ONU, qu’il a tout compris faux en affirmant que le Liban se dirige à une vitesse vertigineuse vers sa situation la plus dangereuse depuis la fin de la guerre civile, et que cela empêchera la tenue de l’élection présidentielle.

