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Moyen Orient et Monde - Drame

Le mystère de « l’Ange blond » levé

de la misère rom La petite Maria est de parents bulgares ; son sort reste incertain.

Les Roms constituent la plus importante minorité ethnique d’Europe. Ils vivent dans la misère et font l’objet d’une forte discrimination notamment via des clichés leur collant à la peau, comme celui du Rom voleur d’enfants. Nikolay Doychinov/AFP

Des tests ADN ont levé hier une partie du mystère entourant la fillette rom blonde découverte en Grèce, dont l’histoire a mis en relief le drame humain de sa communauté. Surnommée « l’Ange blond » dans les médias, Maria avait été trouvée le 16 octobre dans un camp rom à Farsala, près de Larissa, via des photos et des vidéos diffusées sur Internet. Les autorités grecques avaient demandé l’aide d’Interpol pour établir l’identité de la fillette de quatre ans, faisant tourner sa photo dans le monde entier.
Les parents biologiques de la petite Maria se sont avérés être des Roms bulgares. « Les tests ADN ont montré que Sacha Roussev est la mère et que Atanas Roussev est le père de l’enfant appelé Maria », a ainsi déclaré le secrétaire général du ministère bulgare de l’Intérieur en charge de la Communication, Svetlozar Lazarov. « Les parents expliquent qu’ils ont laissé leur enfant pour être élevée en Grèce par les gens chez lesquels ils avaient travaillé », a précisé M. Lazarov. Sacha, une petite femme brune maigre, et Atanas Roussev se trouvaient en Grèce « pour la cueillette des poivrons, illégalement et sans contrat de travail », a indiqué pour sa part un cousin, Anton Kolev, vivant dans le camp rom de Nikolaevo en Bulgarie.
L’avenir de Sacha et Atanas, ainsi que de Maria reste encore incertain, le ministère bulgare de l’Intérieur renvoyant à « une enquête préliminaire sur l’affaire contre S. R., soupçonnée d’avoir vendu son enfant en Grèce en 2009 ». Si les parents devaient être arrêtés, les neuf autres enfants du couple seraient pris en charge par les services sociaux, ont précisé les autorités bulgares. Ces dernières sont « en train de travailler avec les services compétents grecs », pour savoir si Maria va revenir en Bulgarie, a encore indiqué M. Lazarov.

Émotion et critiques
À Athènes, les autorités n’ont pas commenté cette décision pour le moment. Interrogé sur ce qu’il adviendra de la fillette suite à cette décision, un représentant de l’association Le sourire d’un enfant, qui en a la garde, a déclaré : « Nous respecterons la décision du procureur, quelle qu’elle soit. » Sacha affirme depuis le début avoir confié l’enfant à un couple rom en Grèce, car elle n’avait pas suffisamment d’argent pour l’élever. Les autorités grecques ont inculpé le 21 octobre un couple rom âgé de 39 et 40 ans, pour « enlèvement », et l’ont placé en détention dans l’attente d’un procès.
Cette affaire avait suscité une vague d’émotions et de vives critiques en Grèce sur l’adoption, alors que des organisations non gouvernementales avaient appelé les médias à ne pas tomber dans le cliché et le stéréotype du Rom voleur d’enfants. « Agir sur la perception est un acte de discrimination raciale », avait ainsi regretté le Centre européen des droits des Roms (ERRC, basé à Budapest). De son côté, le Conseil de l’Europe avait dénoncé une « couverture irresponsable » des médias, « pouvant avoir des conséquences importantes sur la vie de millions de Roms ».
Le couple Roussev vit à Nikolaevo, dans des conditions d’une extrême pauvreté, dans un camp rom misérable du centre de la Bulgarie. Les neuf frères et sœurs de Maria disposent d’une seule pièce meublée seulement d’un poêle à bois et d’un lit double. La plupart dorment à même le sol, alors que les parents, sans emploi, bénéficient d’aides sociales et effectuent des travaux occasionnels.
Les Roms constituent la plus importante minorité ethnique d’Europe (environ 12 millions de personnes, selon l’ERRC). Ils vivent dans la misère et sont fortement discriminés par des clichés leur collant à la peau, comme celui du Rom voleur d’enfants. Ils connaissent en outre de grandes difficultés de scolarisation pour leurs enfants, compromettant ainsi une vie sociale et professionnelle normale.
(Source : AFP)
Des tests ADN ont levé hier une partie du mystère entourant la fillette rom blonde découverte en Grèce, dont l’histoire a mis en relief le drame humain de sa communauté. Surnommée « l’Ange blond » dans les médias, Maria avait été trouvée le 16 octobre dans un camp rom à Farsala, près de Larissa, via des photos et des vidéos diffusées sur Internet. Les autorités grecques avaient demandé l’aide d’Interpol pour établir l’identité de la fillette de quatre ans, faisant tourner sa photo dans le monde entier.Les parents biologiques de la petite Maria se sont avérés être des Roms bulgares. « Les tests ADN ont montré que Sacha Roussev est la mère et que Atanas Roussev est le père de l’enfant appelé Maria », a ainsi déclaré le secrétaire général du ministère bulgare de l’Intérieur en charge de...
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