"Environ 3.000 civils, dont 500 sont âgés de plus de 70 ans, ne se nourrissent que des faibles stocks qui restent dans les quartiers assiégés de Homs", a expliqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
"Ils mangent à peine assez pour survivre", a-t-il ajouté.
Depuis plus de 500 jours, des centaines de familles subissent le siège des troupes gouvernementales sur plusieurs secteurs contrôlés par les rebelles dans la Vieille ville de Homs, ancien haut lieu de la révolution lancée en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad.
En juillet, l'armée a reconquis le quartier de Khaldiyé, et des centaines de personnes qui s'y trouvaient depuis des mois ont fui pour se réfugier dans d'autres secteurs sous contrôle rebelle.
Il y a plusieurs semaines, "les derniers tunnels que les rebelles utilisaient pour s'approvisionner ont été découverts par l'armée et détruits. Désormais, tout ce que les gens peuvent manger est ce qu'ils avaient en stock", a expliqué M. Abdel Rahmane, dont l'organisation s'appuie sur un réseau de militants et sources médicales à travers la Syrie.
Un militant sur le terrain, interrogé par l'AFP via internet, a indiqué que "les jours où nous avions un repas par jour sont terminés. Nous avons à peine cela désormais".
Il a souligné que la pénurie alimentaire sévère entraînait la propagation de maladies dans les quartiers assiégés.
"La plupart des gens subissant le siège sont mal-nourris. Cela se voit à leur allure et à la façon dont ils se meuvent. De plus en plus de gens ont des taux très bas de globules blancs (qui servent à combattre les maladies) dans le sang et des jaunisses", a-t-il détaillé.
"Tout ce que nous avons à manger, c'est du boulgour. On mange la même chose tous les jours. Les gens sont faibles. Des maladies courantes comme la grippe se propagent très rapidement", a raconté ce militant, se faisant appeler Yazan.
L'OSDH a relancé vendredi un appel aux organisations humanitaires pour qu'elles évacuent les civils des zones assiégées "et leur fournissent des garanties de pouvoir quitter les lieux libres, sans risque d'être arrêtés" par l'armée loyale au régime syrien.
Des militants des quartiers assiégés de Homs ont à maintes reprises appelé à l'aide le Comité international de la Croix Rouge et le Croissant rouge.
Bien que le CICR ait plusieurs fois tenté d'entrer dans les zones assiégées, les restrictions imposées par le gouvernement et les divisions entre groupes rebelles ont empêché toute arrivée de l'aide dans ces zones.


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